Au cœur de l’été hollandais, Sieger, dix-sept ans, s’entraîne pour les championnats d’athlétisme avec d’autres garçons de son âge. À l’âge des premières fois et alors que tout le pousse à répondre aux avances d’une jolie fille, l’adolescent fait la connaissance du jeune et beau Marc, venu lui aussi s’entraîner. Entre eux deux, une complicité immédiate s’installe puis le trouble et la nécessité d’accepter un irrépressible désir réciproque. Cette histoire, on l’a déjà vue mille fois au cinéma : des Roseaux sauvages à Summer Storm en passant par My Summer of Love, toutes ces productions nous ont conté – avec un talent variable – l’éveil adolescent au cours d’un été au désir homosexuel et à l’acceptation de celui-ci par la communauté. Boys, avec presque dix à quinze ans de retard par rapport aux productions précitées, s’en tient exactement au même argument scénaristique, ne se donnant même pas la peine de développer des seconds rôles ou de proposer un arrière-plan sociétal. Cela dit, c’est peut-être en ne figurant que partiellement le fantasme d’une homophobie des autres adolescents que le film évite le piège du manichéisme. Il se concentre ainsi exclusivement sur la question du comportement à adopter face à un désir qui ne s’inscrirait pas dans la norme dominante.
Plat pays
Seulement, même sous cet angle, Boys, avec son titre générique et impersonnel, ne parvient jamais à s’incarner au-delà d’une représentation fade et illustrative du désir. La caméra se contente le plus souvent de plans larges ou moyens, trop à distance de cette chair qui s’abandonne pour qu’on puisse ressentir le tourment amoureux de nos deux personnages. La réalisatrice, qui semble s’être fixé pour objectif de tourner une bluette sentimentale qui prônerait gentiment la tolérance, a vraisemblablement peur de se confronter à une certaine crudité des rapports corporels, effrayée par la sueur qui pourrait en résulter. Face à une telle timidité et autant de lieux communs, comment s’attacher aux personnages et ressentir un minimum d’empathie pour leur éveil au monde ? Le scénario tente de contrebalancer ces faiblesses manifestes en greffant quelques éléments psychologiques : une mère décédée, un frère un peu ingérable, etc. Mais rien n’y fait malheureusement : Boys reste au stade de l’esquisse inoffensive alors qu’on aurait espéré un tourbillon qui ose un peu l’expérimentation. En 2015, on préfèrera donc revoir nos classiques des années 1990.