Ce que pensent les hommes

Ce que pensent les hommes

de Ken Kwapis

  • Ce que pensent les hommes
  • (He’s Just Not That Into You)

  • États-Unis2008
  • Réalisation : Ken Kwapis
  • Scénario : Abby Kohn, Marc Silverstein
  • d'après : le livre Laisse tomber, il te mérite pas !
  • de : Greg Behrendt, Liz Tuccillo
  • Image : John Bailey
  • Montage : Cara Silverman
  • Musique : Cliff Eidelman
  • Producteur(s) : Nancy Juvonen, Michael Disco, Gwenn Stroman
  • Interprétation : Ben Affleck (Neil), Jennifer Aniston (Beth), Drew Barrymore (Mary), Jennifer Connelly (Janine), Kevin Connolly (Conor), Bradley Cooper (Ben), Ginnifer Goodwin (Gigi), Scarlett Johansson (Anna), Kris Kristofferson (Ken), Justin Long (Alex)...
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie : 11 février 2009
  • Durée : 2h10

Ce que pensent les hommes

de Ken Kwapis

Chaînes conjugales


Chaînes conjugales

Adapté d’un best-seller sur les relations hommes-femmes (titre original : He’s just not that into you, soit littéralement : « Il n’est pas vraiment attiré par toi »), le scénario de Ce que pensent les hommes propose une multitude de stéréotypes censés représenter l’Américain(e) trentenaire moyen d’aujourd’hui, avec comme dénominateur commun une question brûlante : mais qu’est-ce que les hommes peuvent bien avoir dans la tête ? Pour l’illustrer, Ken Kwapis a convoqué une batterie de stars de (plus ou moins) seconde zone, issues de la télé (Ginnifer Goodwin, Kevin Connolly, Bradley Cooper), du cinéma (Ben Affleck, Jennifer Connelly, Scarlett Johansson, Drew Barrymore) ou les deux (Jennifer Aniston). Avec une telle affiche, Ce que pensent les hommes ressemble vaguement au pilote d’une série luxueuse commandée par une chaîne du câble — ce qui aurait probablement été plus judicieux, tant la multiplication des personnages et des intrigues invite à une narration au long cours, sur deux ou trois saisons.

Au lieu de ça, Ken Kwapis tente tant bien que mal de condenser ses historiettes en 2h10, privilégiant certains personnages et en sacrifiant d’autres sans se soucier d’une quelconque cohérence. Il n’est d’ailleurs même pas question de s’atteler à raconter une histoire (et encore moins, luxe suprême, à mettre en scène) mais plutôt de faire se succéder plusieurs saynètes illustrant les préceptes énoncés dans le livre : « s’il ne veut pas se marier, c’est qu’il n’est pas vraiment attiré par toi », « s’il ne te rappelle pas, c’est qu’il n’est pas vraiment attiré par toi » etc. On imagine avec un peu de peine les deux scénaristes en train de plancher sérieusement sur le déploiement d’une intrigue basée sur de si subtils aphorismes : en tout et pour tout, le film pourrait se résumer en quelques lignes. Il incombe donc aux comédiens, comme souvent dans ce genre de produit marketé pour plaire au plus grand nombre (surtout lorsque l’œuvre est vendue dans un pack « tout-en-un » afin de satisfaire aux besoins commerciaux de la Saint-Valentin), de sauver les meubles. Le résultat est calamiteux la plupart du temps : de l’insupportable Ginnifer Goodwin (pourtant si croquignolette dans la splendide série Big Love) en pathétique chasseuse de boyfriend à Scarlett Johansson, cantonnée une fois de trop dans le rôle de l’allumeuse pulpeuse, personne n’a les moyens de sauver cette vulgaire pantalonnade du désastre. Seule Jennifer Aniston, génie comique sous-estimé et cruellement sous-employé, parvient à rappeler que les pantins qui s’agitent à l’écran sont bel et bien des êtres vivants.

Pour le reste, il faut se contenter d’un discours moralisateur désespérément réactionnaire, tellement ridicule qu’il frôle le sublime : une femme, prête à pardonner à son époux sa relation adultère, décide de demander le divorce quand elle découvre qu’il a repris la cigarette sans l’en avertir. Une autre détruit son bonheur de couple simplement car son petit ami parfait ne veut pas l’épouser : elle réalisera sur le tard qu’elle a fait une connerie, mais il cédera à ses caprices. Faux film générationnel qui tente de nous faire croire à la modernité de ses situations et de ses personnages (il faut voir la représentation de l’homosexualité, semblant venir d’une autre époque), Ce que pensent les hommes est un sommet de ringardise aux gags éculés.

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