Alors qu’il est sur son lit de mort, un grand-père demande à deux de ses petits-enfants, Lalo et Roberto, de libérer son cheval « éléphant » avant que celui-ci ne soit vendu. Seulement, alors qu’ils s’apprêtaient à accomplir leur mission, les deux garçons constatent que l’animal a été volé par un certain Infausto, un homme qui tient d’une main de fer le cirque avoisinant. Ils décident tous deux de se lancer à sa poursuite, d’infiltrer l’étrange cirque (où ils font connaissance d’une fille de leur âge) dans le but de récupérer le cheval et ainsi honorer la mémoire de leur grand-mère. Coproduction sud-américaine, Un cheval nommé éléphant regroupe à peu près tous les ingrédients nécessaires à faire rêver les plus jeunes spectateurs : un univers coloré mis en valeur par une jolie photographie, le monde du cirque avec ce qu’il peut receler de fascinant et d’inquiétant, des animaux qui se meuvent dans cet environnement chaotique mais, surtout, des méchants à foison contre lesquels il faut ruser en permanence. Pour parfaire le tout, une amourette vient même se greffer à ce petit film d’aventure sans aucune prétention.
Indéniablement sympathique, le film d’Andrés Waissbluth repose en grande partie sur l’implication de ses jeunes comédiens espiègles. Il n’est pas sûr pour autant que le film déchaîne les passions parmi le public adulte : si le rythme est bien au rendez-vous, Un cheval nommé éléphant prend le parti d’une certaine naïveté qui le prive ainsi de toute ambiguïté ou d’un second niveau de lecture capable de captiver les plus grands. On regarde tout cela avec une certaine bienveillance, le film jouant la carte d’une aventure rafraîchissante à défaut de troubler ou même de créer le moindre sentiment de nostalgie. Même le passage dans cet étrange monde parallèle aurait pu amener la mise en scène à faire preuve d’un peu plus d’inventivité : si l’idée du train qui parcourt des espaces impossibles à circonscrire est plutôt plaisante, le réalisateur aurait pu tenter de proposer quelque chose d’un peu moins illustratif et balisé. Si l’on suit bien volontiers les aventures de ces quelques bambins, le résultat fait l’effet d’un film trop sage qui propose exactement ce que l’on attend de lui. Ni plus, ni moins.