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Criminal Squad

Criminal Squad

de Christian Gudegast

  • Criminal Squad
  • (Den of Thieves)

  • États-Unis2017
  • Réalisation : Christian Gudegast
  • Scénario : Christian Gudegast, Paul Scheuring
  • Image : Terry Stacey
  • Décors : Kara Lindstrom
  • Costumes : Terry Anderson
  • Montage : Joel Cox, David Cox, Nathan Godley
  • Musique : Cliff Martinez
  • Producteur(s) : Gerard Butler, Mark Canton, Tucker Tooley, Alan Siegel
  • Production : Diamond Film Productions, G-BASE, Tucker Tooley Entertainment
  • Interprétation : Gerard Butler (« Big Nick » O'Brien), Pablo Schreiber (Merrimen), O'Shea Jackson Jr (Donnie Wilson), Curtis « 50 Cent » Jackson (Enson Levoux)...
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie : 21 février 2018
  • Durée : 2h20

Criminal Squad

de Christian Gudegast

Matchstick Film


Matchstick Film

Lançant ses bases scénaristiques sur une phrase d’accroche-statistique — « une attaque de banque toutes les heures dans la ville de Los Angeles » — Criminal Squad démarre pied au plancher par un braquage de nuit. Minutie du découpage, précision des gestes : la réalisation ne laisse rien au hasard, imitant les canons esthétiques du genre fructueux qu’est le film de braquage/policier, dont le porte-étendard contemporain reste l’incontournable Heat de Michael Mann.

Mashup-cinéma

Cette phrase pré-générique est pourtant révélatrice de la démarche du film : non pas le particularisme d’un fait divers, mais la restitution de lieux communs. Visant l’efficacité — et l’adhésion du spectateur — le film s’approprie un ensemble d’éléments inspirés de plusieurs succès/tendances cinématographiques : la figure du « bad lieutenant » pour le personnage principal campé par Butler, archétype du flic pochard-torturé-ambigu ; la relation de rivalité m’as-tu-vu qu’il entretient avec le braqueur (sans la subtilité de Heat) ; une structure narrative imitant le schéma classique d’un autre genre très populaire, le film d’arnaque.

Criminal Squad n’est pourtant pas constitué comme un pastiche dédicacé, puisque gommant ses références en les noyant dans un scénario assez premier-degré. Ne soutirant donc de ses modèles que ce qu’il estime essentiel, le film en est ainsi réduit à une schématisation un peu mécanique de ses situations — notamment la soi-disant rivalité entre les deux antagonistes, réduite à une vulgaire scène de pugilat dans un restaurant, filmée platement, et à un concours d’adresse au tir, lors d’une autre séquence, bien loin de la délicieuse complicité quasi érotisée par Michael Mann entre les deux monstres Pacino et De Niro.

Inside Man

Le film donne ainsi le sentiment d’être une copie esquissée, puisque n’allant pas vraiment au bout de ce qu’il entame : par exemple, la vie personnelle chaotique du « bad lieutenant » (sa relation impossible avec sa femme) s’avère accessoire, constituant un habillage un peu superficiel du personnage, qui restera d’ailleurs sans suite. L’idée était pourtant intéressante : démarrer sur du déjà-vu pour mieux se laisser aller à un lâcher-prise, une fuite en avant au-delà d’un horizon d’attente prévisible. Et pourtant, ce choix apparaît comme l’un des symptômes d’une mise en scène balourde ne s’embarrassent pas des détails et engloutissant tout — personnages secondaires, intrigues secondaires — dans le tourbillon d’un récit d’arnaque imposé coûte que coûte. Ce n’est donc pas un propos, mais une idée de départ, qui constitue la seule véritable motivation du projet : orchestrer les surprises et les rebondissements, et ce de manière un peu superficielle et impersonnelle.

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