© The Jokers Films
Dangerous Animals

Dangerous Animals

de Sean Byrne

  • Dangerous Animals

  • Australie2025
  • Réalisation : Sean Byrne
  • Scénario : Nick Lepard
  • Image : Shelley Farthing-Dawe
  • Décors : Pete Baxter
  • Costumes : Marion Boyce
  • Montage : Kasra Rassoulzadegan
  • Musique : Michael Yezerski
  • Producteur(s) : Chris Ferguson, Brian Kavanaugh-Jones, Mickey Liddell, Troy Lum, Andrew Mason, Pete Shilaimon
  • Interprétation : Jai Courtney (Tucker), Hassie Harrison (Zephyr), Josh Heuston (Moses)...
  • Date de sortie : 23 juillet 2025
  • Durée : 1h33

Dangerous Animals

de Sean Byrne

En rade


En rade

Dangerous Animals contrevient assez vite au programme de « film de requins » que son titre laissait présager. La première scène présente un jeune couple s’en allant visiter en mer les requins australiens, à bord d’un rafiot piloté par Tucker, un capitaine un peu cabot sur les bords. Lorsque le couple s’engage dans la cage qui doit les mettre en contact avec les « animaux dangereux », on s’attend alors à ce que les choses dégénèrent, que la cage se brise et que les deux personnages soient dévorés ; il n’en est rien. Sean Byrne remplace au contraire au milieu de la scène les accents stridents de sa bande-son par une mélodie presque féérique, actant un basculement de l’angoisse vers l’émerveillement, même si l’épiphanie des deux touristes stupéfaits ressemble presque à une publicité pour un safari marin. Ce n’est que lorsqu’ils reviendront à bord de l’embarcation que l’horreur surgira – on ne racontera pas comment – et que le sang se mêlera au bleu de l’eau. Il faut lire cette ouverture comme une déclaration d’intention : ce film de requins n’en sera pas tout à fait un.

La menace viendra plutôt de ce capitaine aux faux airs de Quint des Dents de la Mer, qui prend en otage des jeunes filles pour les donner à manger aux squales, réduits au rang d’instruments pour les différentes mises à mort. Si le programme est intrigant, la folie de Tucker n’ouvre toutefois pas sur une logique formelle à même de donner une constance aux scènes horrifiques. Sa démence est exhibée frontalement, en grande partie par le jeu grand-guignol de Jai Courtney, mais aussi par certaines séquences trop démonstratives : en témoigne une scène de danse, au milieu du film, où le personnage gesticule à moitié nu, une bière à la main. Le thriller en eaux troubles peine ainsi à passer la seconde, répétant le même dispositif de meurtre (les corps sont arrimés à un harnais et une grue, tandis que Tucker filme les scènes à l’aide d’une caméra VHS) sans parvenir à relancer l’intérêt pour son intrigue. Sans compter la morale, tout aussi balourde : le vrai requin, c’est l’homme.

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