© Pyramide Distribution
Dodo
  • Dodo

  • Grèce, France, Belgique2022
  • Réalisation : Panos H. Koutras
  • Scénario : Panos H. Koutras
  • Image : Olympia Mytilinaiou
  • Montage : Vincent Tricon, Yannis Chalkiadakis
  • Musique : Delaney Blue
  • Interprétation : Smaragda Karydi (Mariella), Akis Skellariou (Pavlos), Natasa Exintaveloni (Sophia), Marisha Triantafyllidou (Irina), Nikos Gelia (Alexis)...
  • Distributeur : Pyramide Distribution
  • Date de sortie : 10 août 2022
  • Durée : 2h12

Plumés


Plumés

Dodo s’ouvre sur une séquence en trompe-l’œil dans laquelle la caméra adopte le point de vue du célèbre oiseau disparu, originaire de l’île Maurice. Poursuivi par des chiens en pleine nuit, le volatile zigzague dans les fourrés avant de s’engouffrer dans la faille d’un mur en ruines – lointain écho au terrier d’Alice au pays des merveilles, évoqué plus tard au détour d’un dialogue. Mais Dodo n’est pas Eo, le dernier film de Skolimowski, où l’on voit le monde à travers le regard d’un âne : très vite, Panos H. Koutras délaisse le point de vue de l’animal pour lui préférer celui d’une quadragénaire en crise, pour qui l’apparition de l’oiseau est un signe à interpréter en miroir de sa vie et de celle de ses proches, réunis aux environs d’Athènes, dans une grande villa où se prépare un mariage.

L’absurdité que promet le synopsis de Dodo se révèle toute relative : l’oiseau a beau venir perturber un peu les préparatifs, il ne constitue pour autant jamais le centre de gravité du récit, Koutras préférant retranscrire platement une série de conversations sans enjeu entre différentes figures archétypales (une bourgeoise névrosée, un vieil homme infidèle, des ouvriers occupés à draguer la future mariée, un duo de migrants, etc.). L’anachronisme produit par la présence du dodo se trouve hélas relégué à une poignée de scènes burlesques qui peinent à interrompre le ronron d’un petit théâtre social à l’envergure digne, il faut le dire, d’un téléfilm. Loin de la « rhinocérite » de Ionesco, dont le film s’inspire, la « dodoïte » de Koutras se limite à un traité sur la décrépitude d’une contrée millénaire – la Grèce – confrontée à son éventuelle disparition. Une réplique de la future mariée résumera le propos : « Qui va se soucier de cet oiseau ? Qui va se soucier de nous ? » Pas sûr qu’il fallait 2h12 d’échanges abscons pour saisir le parallèle.

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