El Cielo Dividido

El Cielo Dividido

de Julián Hernández

  • El Cielo Dividido

  • Mexique2006
  • Réalisation : Julián Hernández
  • Scénario : Julián Hernández
  • Image : Alejandro Cantú
  • Montage : Emiliano Arenales Osorio
  • Musique : Arturo Villela Vega
  • Producteur(s) : Roberto Fiesco Trejo
  • Interprétation : Miguel Ángel Hoppe (Gerardo), Fernando Arroyo (Jonás), Alejandro Rojo (Sérgio), Ignacio Pereda (Bruno), Klaudia Aragon (Emilia), Pilar Ruiz (la maîtresse), Clarisa Rendón (María)
  • Date de sortie : 16 mai 2007
  • Durée : 2h20

El Cielo Dividido

de Julián Hernández

L'amour aux deux visages


L'amour aux deux visages

Deux jeunes garçons tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. L’absolu qu’ils croyaient avoir atteint va peu à peu s’évanouir pour les ramener à un quotidien fait de déception et de tristesse avant que l’un d’eux ne retrouve l’amour avec un grand A. Le film, lui, n’atteint malheureusement pas cet absolu et s’en tient à une illustration aérienne sans odeur.

Gerardo et Jonás sont deux jeunes Mexicains. Ils sont frais, ils sont beaux et ils s’aiment passionnément. Sans cesse, leurs deux corps se touchent, se cherchent, le moindre recoin est prétexte à s’embrasser fiévreusement, le moindre bout de lit à faire l’amour frénétiquement. Gerardo écoute son professeur lui parler du mythe de l’hermaphrodite et de l’âme sœur comme si c’était de sa propre histoire dont il était question dans la mythologie. Mais un jour, Jonás se laisse embrasser par un autre garçon dans une discothèque et rejette toute étreinte de la part de son ami. Frustré, Gerardo multiplie les rencontres jusqu’à retrouver l’amour tandis que Jonás réalise son erreur.

Première curiosité : El Cielo Dividido est un film entièrement gay qui nous vient du Mexique. Dans ce pays où le Pape bénéficie encore d’une forte influence, où la question de l’avortement bat actuellement son plein et où les homosexuels peinent à faire exister leurs droits au-delà de la ville de Mexico, le réalisateur Julián Hernández met en scène une histoire d’amour totalement décomplexée. Ici, aucune trace d’une réalité sociale : les jeunes éphèbes s’aiment et s’étreignent librement, totalement affranchis du regard extérieur. Du coup, l’esthétique très léchée du film, sa mise en scène un peu tape à l’œil multipliant les mouvements de caméra un peu gratuits, nous fait totalement oublier l’identité même du film pour ne devenir qu’un simple produit MTV de qualité honorable.

Le choix du réalisateur de ne pas multiplier les scènes dialoguées pour tenter de capter l’immatérialité du désir et du sentiment amoureux était un beau pari. En 2005, Kim Ki-duk l’avait brillamment relevé avec ce qui reste aujourd’hui l’un de ses films les plus réussis, Locataires. Mais dans le cas d’El Cielo Dividido, la vacuité de certaines situations et l’anonymat des personnages – trop jolis, trop lisses pour accrocher réellement le regard – vident peu à peu le film de sa propre substance. Pourtant, sur les 2h20 que dure le film, le réalisateur aurait eu tout le temps de ne pas s’en tenir à une histoire d’amour superficielle qui relève plus du roman-photo pour Têtu que d’une valse des sentiments flottante et mélancolique.

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