Expérience africaine

Expérience africaine

de Laurent Chevallier

  • Expérience africaine

  • France2009
  • Réalisation : Laurent Chevallier
  • Image : Laurent Chevallier
  • Montage : Matthieu Augustin
  • Musique : Sing-Sing de Nathaniel Adderley, Afro Blue de Mongo Santa Maria, Matchowé de Momo Wandel Soumah, Talaïbé de Fölifö, Juju Lé d'Amadou Camara
  • Production : Stéphane Millière
  • Interprétation : les collégiens de Marciac, le groupe Fölifö, les ballets G'Bassikolo, la troupe Fatou Abou percussions
  • Date de sortie : 25 mars 2009
  • Durée : 1h25

Expérience africaine

de Laurent Chevallier

La télévision sur grand écran


La télévision sur grand écran

Pour ce nouveau projet, le réalisateur Laurent Chevallier organise la rencontre d’une classe de collège spécialisée dans l’apprentissage de la musique jazz et un groupe venu de Guinée. Au message vaguement naïf sur la volonté d’abolir les frontières par la musique, s’ajoute une absence dommageable de parti-pris cinématographique. Au point de faire de cette rencontre une simple anecdote télévisuelle.

Passionné de musique jazz, le réalisateur Laurent Chevallier a consacré la plupart de ses travaux cinématographiques à la rendre plus facile d’accès auprès du grand public. Après avoir dressé le portrait de Momo le doyen|critique du film Momo le doyen, il s’intéresse cette fois au parcours d’une classe d’un collège de Marciac qui a la particularité de suivre une option musique et plus spécifiquement jazz. Forts de cette passion peu commune parmi les jeunes adolescents, les élèves vont inviter dans leur école le groupe de musique africaine Fölifö afin de créer des correspondances entre le jazz et ses origines. A cette première partie surviendra un second dépaysement : la découverte de la Guinée et de ses rythmes tribaux.

Difficile de ne pas louer la générosité d’un projet comme celui-ci lorsque l’objectif affiché est de faire tomber les murs de l’ignorance et faire reculer l’intolérance. Difficile aussi de ne pas être séduit par l’étonnante vitalité qui émane de ces jeunes musiciens en herbe désireux de s’ouvrir de nouveaux horizons afin de nourrir toujours plus leur créativité. Mais voilà, les bonnes intentions ne font pas un bon film, surtout lorsque le réalisateur fait preuve d’une absence totale de parti-pris cinématographique et se contente d’une mise en image plate et redondante.

Expérience africaine a donc l’application louable d’un exposé soigneusement divisé en deux parties (une première partie en France, une seconde en Afrique) mais qui ne ferait preuve d’aucun génie particulier. Le réalisateur s’en tient à capter cette rencontre artistique et culturelle sans rien anticiper sur le montage, sans prendre la peine de construire des personnages auxquels on peine à s’identifier par faute d’enjeux. En l’état, le film fait plus office de reportage pour la télévision que de véritable documentaire de cinéma distribué à juste titre dans les salles obscures.

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