© Wayna Pitch
Inertia

Inertia

de Idan Haguel

  • Inertia

  • Israël2015
  • Réalisation : Idan Haguel
  • Scénario : Idan Haguel, Ifat Makbi
  • Image : Edan Sasson
  • Son : Ben Levi, Stivie Salman, Erez Eyni Shavit
  • Montage : Dafi Farbman
  • Musique : Zoe Polanski
  • Producteur(s) : Elad Peleg, Haggai Arad
  • Production : Daroma Productions
  • Interprétation : Ilanit Ben-Yaakov (Mira), Mohammad Bakri (Max), Galia Yshay (Salin), Ami Weinberg (Gidi), Loutof Nousser (Ihab), Dudu Niv, Florence Bloch, Gita Munte, Benny Shif, Avi Tangi
  • Distributeur : Wayna Pitch
  • Date de sortie : 1 février 2017
  • Durée : 1h12

Inertia

de Idan Haguel

Froideur de la renaissance


Froideur de la renaissance

Mira, orpheline d’un père marin mort en mer, se réveille un matin, esseulée par la disparition soudaine et inexpliquée de son mari douanier. Si les premiers jours sont consacrés à la recherche de cet être qu’elle croyait connaître, les suivants lui apportent une forme de libération.

Premier long-métrage d’un réalisateur israélien, Idan Haguel, Inertia est un curieux objet cinématographique : après une étrange (et très courte) hystérie introductive se dessine progressivement le portrait balancé d’une femme au quotidien dématérialisé par sa ritualisation. Les entrevues avec sa mère, les repas devant la télévision, et même le recherche du disparu cadrent Mira, la soumettent temporellement et spatialement, l’infantilisent en quelque sorte. Plans très courts, montage sec, mouvements minimalistes… Idan Haguel insiste beaucoup sur l’adéquation de son cinéma au personnage qu’il tente, tant bien que mal, de libérer progressivement. Il passe sans transition du portrait contemplatif au thriller pointilliste, et de la femme soumise à la potentielle meurtrière. Chaque sensation passe en quelques secondes, et l’on peine, de fait, à s’accrocher à un sens précis, un mouvement d’ensemble.

Rien n’interdit aux jeunes cinéastes de mener son spectateur par le bout du non-sens : mais, à force de virements de bord, l’effet de glissement ou de suggestion devient pesanteur de la juxtaposition des genres, des métaphores, et l’on finit par regretter la résonance presque trop évidente du film et de son titre. Inertia pourrait briller par son originalité mais la brandit en cataloguant ses références (notamment à Aki Kaurismäki) et en martelant sa volonté de rupture permanente. À trop casser son rythme, ses pistes narratives et son sujet, on finit par douter qu’il en ait vraiment un. L’obsession de la maîtrise est parfois aussi terrible que son absence : elle bride l’image et la réduit à une collection d’instantanés, certes travaillés, mais embrassant difficilement une œuvre entière.

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