© Lionsgate
Kill
  • Kill

  • Inde2023
  • Réalisation : Nikhil Nagesh Bhat
  • Scénario : Ayesha Syed, Nikhil Nagesh Bhat
  • Image : Rafey Mehmood
  • Montage : Shivkumar V. Panicker
  • Musique : Ketan Sodha
  • Producteur(s) : Karan Johar, Guneet Monga, Apoorva Mehta, Achin Jain
  • Interprétation : Laksh Lalwani (Amrit), Raghav Juyal (Fani), Tanya Maniktala (Tulika Singh), Abhishek Chauhan (Viresh Chatwal)...
  • Distributeur : Originals Factory
  • Date de sortie : 11 septembre 2024
  • Durée : 1h35

Ali Babaffe et les quarante voleurs


Ali Babaffe et les quarante voleurs

Présenté comme un rejeton indien de John Wick, qui est devenu en quelques années la référence incontournable du cinéma d’action contemporain, Kill fait pourtant davantage penser à un autre « nouveau classique » du genre des années 2010 : The Raid de Gareth Evans, auquel il emprunte sa violence débridée et une unité de lieu restreinte pour canaliser la castagne, en l’occurrence un train à bord duquel est monté incognito un gang de quarante voleurs. Détroussant les passagers, les bandits auront la malchance de découvrir que se trouvent parmi eux deux commandos surentrainés – notamment Amrit (Kaksh Lalwani), prêt à tout pour protéger sa fiancée, qui figure également parmi l’assistance. On ne pourra pas reprocher au film d’être timoré ou dénué d’audace : passé sa mise en place à l’eau de rose, il déploie un chapelet de corps suppliciés et massacrés par à peu près toutes les armes imaginables – mains nues, massues, fusils, haches, machettes, couteaux, extincteurs et même un briquet. Nikhil Nagesh Bhat n’est assurément pas un adepte du less is more : les quarante premières minutes, qui exploitent à vitesse grand V ce cadre de jeu, ne constituent en vérité qu’un prologue (le titre n’apparaît qu’au bout d’un gros tiers du film) pour la suite des réjouissances.

La stratégie a toutefois son revers : on a rapidement le sentiment que le film, tout en ayant le courage d’investir son récit avec une conviction rafraîchissante, bégaie et multiplie ensuite les tentatives de relance. Par exemple, lorsqu’Amrit se lance pour la première fois dans sa croisade contre une myriade d’opposants armés jusqu’aux dents, le cinéaste fait aussitôt tomber le héros de son piédestal. Du moins jusqu’à ce que le soldat, mis en échec et capturé, s’échappe une, puis deux, puis trois fois de la même situation répétée. Il en va de même pour les à‑côtés des scènes d’action : le scénario paraît se débarrasser avec force et fracas de sa romance trop sucrée ? Aussitôt balancée par la porte du wagon, la mièvrerie re-rentre par la fenêtre à la faveur de flashbacks sirupeux. Si bien que Kill, balloté entre coups d’éclats et tentatives de rafistoler la mécanique qu’il semblait vouloir pourtant détricoter, s’installe dans un faux rythme qui tend à aplanir le défilement de violence en une succession de tableaux vite ronronnante. Les affrontements sont à l’avenant : le déferlement de gore (on est parfois plus proche du torture porn que de l’actioner traditionnel) a beau ménager ici et là une certaine inventivité, le film, d’une gourmandise courant le risque de l’indigestion, préfère toujours la quantité à la qualité.

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