L’Allumette

L’Allumette

de P. Kinslin

  • L’Allumette
  • (Vathikuchi)

  • Inde2013
  • Réalisation : P. Kinslin
  • Scénario : P. Kinslin
  • Image : R.B. Gurudev
  • Montage : K.L. Praveen, N.B. Srikanth
  • Musique : M. Ghibran, Arivumathi, Na. Muthukumar
  • Producteur(s) : A.R. Murugadoss
  • Interprétation : Dileepan (Shakhti), Anjali (Leena), Sampath Raj (le tueur à gages)...
  • Distributeur : Night ED Films
  • Date de sortie : 9 octobre 2013
  • Durée : 2h27

L’Allumette

de P. Kinslin

Les feux de l'amour


Les feux de l'amour

Viols, vols, règlements de comptes, corruption, trafics en tout genre, la criminalité au cinéma n’a pas de frontière, mais quand elle télescope la comédie musicale Bollywood, genre chéri des Indiens, on peut dire que le mariage est explosif, comme le démontre L’Allumette, la première réalisation de P. Kinslin. Entre bastons, conflits familiaux et histoire d’amour, le métrage a de quoi surprendre et surtout de quoi plaire.

Chauffeur de tuk-tuk, Shakthi est un gentil garçon, travailleur, altruiste et amoureux de sa jolie voisine Leena. Contre toute attente, il est poursuivi par trois bandes qui souhaitent le voir grignoter les pissenlits par la racine. Le jeune homme cacherait-il un secret, des activités malhonnêtes ? Que nenni ! Au long des deux heures vingt que dure L’Allumette, on découvre au gré des attaques dont il est la victime l’origine de chaque conflit. Si les raisons sont diverses, elles ont pour point commun d’être le fruit de son implication pour défendre les autres, qualité peu commune à en croire les effets dévastateurs qu’elle produit.

Récoltant une tempête de violence pour ses actes valeureux (tenir tête à un braqueur, empêcher un kidnapping…), Shakthi incarne le héros parfait, jamais à la recherche d’une reconnaissance, uniquement guidé par son sens de l’honneur et doté d’une force physique herculéenne. Le film alterne des scènes de danse chantées (peu nombreuses pour un métrage estampillé Bollywood) relative à la part légère du film (duo amoureux, shopping de l’héroïne) et des séquences de lutte chorégraphiées (à la main, à la machette, au pistolet), totalement exagérées dans leur utilisation du bullet time et pourtant sacrément jouissives. Ce grand écart, tout autant scénaristique que visuel, pourrait être une métaphore de l’Inde, pays entre tradition et modernité. Cette dualité trouve dans L’Allumette une représentation maligne. Sans se couper des rituels du cinéma indien (le chant et la danse au service d’une histoire d’amour), le film évite les habituelles love stories impossibles (étonnamment les parents de la jeune fille seraient ravis qu’elle épouse un chauffeur de taxi) pour s’aventurer vers une mise en scène de l’action à l’américaine. Pas d’opposants donc à l’union des deux amoureux, quant à la violence dont est l’objet le personnage principal, elle offre au héros le cadre de son épanouissement. Le jeune homme timide s’affirme au fil des attentats qu’il évite et des corrections qu’il inflige, devenant aux yeux de Leena un parti finalement plus intrigant qu’il n’y paraissait.

Construit autour de nombreux flashbacks qui éclairent progressivement l’intrigue, L’Allumette se plaît à confronter Shakthi aux situations les plus rocambolesques (l’explication de sa tentative d’évasion vaut son pesant d’or), l’humour n’étant pas l’ennemi de l’action pour le metteur en scène. Ça danse, ça chante, ça canarde et sans s’en apercevoir on plonge avec délice dans l’épopée de ce taxi-man.

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