Last Chance for Love

Last Chance for Love

de Joel Hopkins

  • Last Chance for Love
  • (Last Chance Harvey)

  • États-Unis2008
  • Réalisation : Joel Hopkins
  • Scénario : Joel Hopkins
  • Image : John De Borman
  • Montage : Robin Sales
  • Musique : Dickon Hinchliffe
  • Producteur(s) : Tim Perell, Nicola Usborne
  • Interprétation : Dustin Hoffman (Harvey Shine), Emma Thompson (Kate Walker), Kathy Baker (Maggie), James Brolin (Brian), Eileen Atkins (Jean)
  • Date de sortie : 4 mars 2009
  • Durée : 1h33

Last Chance for Love

de Joel Hopkins

Nous allons tant nous aimer


Nous allons tant nous aimer

Exit les jeunes tourtereaux au physique de rêve dont la première histoire d’amour sera aussi la dernière (« Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…»). La comédie romantique du XXIe siècle sera quadragénaire (et même plus si affinités) ou ne sera pas ! Après Something’s Gotta Give, où Jack Nicholson et Diane Keaton s’embarquaient pour une nouvelle vie ensemble à cinquante ans bien sonnés, voici le dernier-né du genre. Mais qui a dit que la sagesse s’acquiert en vieillissant ?

Montage alterné : Harvey Shine, compositeur de jingles new-yorkais, doit partir pour Londres assister au mariage de sa fille qu’il n’a pas vue depuis des années. Durant la cérémonie, celle-ci décide de confier à son beau-père, plus présent, la tâche de la conduire à l’autel. Harvey, dépité, boude alors la réception et tente de rentrer à New York ; il manque son avion et apprend qu’il est licencié. De son côté, Kate Walker est une célibataire londonienne endurcie, affublée d’une mère envahissante et de copines cherchant maladroitement à la caser. Kate et Harvey étaient évidemment destinés à se rencontrer : mais vont-ils parvenir à surmonter leur difficile passé amoureux pour se donner une « nouvelle chance » (puisque c’est la dernière ?). Leur rencontre à l’aéroport est-elle le signe qu’il leur faut prendre un nouveau départ (cela ne s’invente pas…) ?

On l’aura compris : Last Chance for Love est un film qui ne craint pas les clichés les plus éculés. Tout y est prévisible de bout en bout et fleure bon le roman de gare pour quadras/quinquas esseulées. On filme les personnages à l’écart des autres, sur les côtés du cadre ou en plein centre dans une foule, pour accentuer leur solitude ; puis, lors des rencontres amoureuses, on se fend de petits champs/contrechamps soignés, pour que chacune des émotions du héros et de l’héroïne soient bien enregistrées sur pellicule. On commence par le temps de la tristesse, de la cruauté de l’entourage, des déambulations solitaires ; puis on enchaîne avec les premiers balbutiements de l’amour, les refus inquiets, les petites folies que l’on s’accorde, les rires partagés ; vient le temps du premier baiser sur fond de musique d’ascenseur pop ; le dramatique rendez-vous manqué ; et enfin, les retrouvailles avec départ sur le soleil couchant et un nouvel avenir. Mis à part l’âge des héros, le ton doux amer, les choix des décors ainsi que l’accompagnement musical sont les mêmes que dans n’importe quelle mignonne comédie romantique pour adolescentes, réglée au millimètre près, mais d’une fadeur à mourir d’ennui.

N’eût été la présence de Dustin Hoffman et Emma Thompson, ce film d’un réalisateur de seconde zone dont les deux précédents longs métrages se sont perdus dans les tréfonds de l’oubli n’aurait suscité chez nous qu’un total désintérêt. Mais malgré le cinéaste (sans doute trop impressionné par leur présence pour les diriger), les deux comédiens sont responsables de quelques jolies scènes éparses, où leur complicité donnerait presque envie de croire à l’histoire d’amour : ainsi Emma Thompson faisant fi de ses kilos en trop lors d’un essayage de robes ; ou Dustin Hoffman et sa technique de séduction d’un autre siècle compensée par un sourire à faire fondre les midinettes. Il ne sert à rien de regretter ce qu’aurait pu être Last Chance for Love sous la coupe d’un autre cinéaste, puisqu’on reste bien trop loin du compte. Ni pire ni meilleur qu’un autre. Juste inutile.

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