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Le Syndrome des amours passées

Le Syndrome des amours passées

de Ann Sirot, Raphaël Balboni

  • Le Syndrome des amours passées

  • France2023
  • Réalisation : Ann Sirot, Raphaël Balboni
  • Scénario : Raphaël Balboni, Ann Sirot
  • Image : Jorge Piquer Rodriguez
  • Musique : Julie Roué
  • Producteur(s) : Julie Esparbes, Delphine Schmit, Guillaume Dreyfus
  • Production : Hélicotronc
  • Interprétation : Lucie Debay (Sandra), Lazare Gousseau (Rémy), Florence Loiret Caille (Marion), Nora Hamzawi (Julie), Florence Janas (Céline), Ninon Bores (Justine), Hervé Piron (Stéphane)...
  • Distributeur : KMBO
  • Date de sortie : 25 octobre 2023
  • Durée : 1h29

Le Syndrome des amours passées

de Ann Sirot, Raphaël Balboni

Les amants dépareillés


Les amants dépareillés

Afin de surmonter leur impossibilité d’avoir un enfant ensemble, Sandra (Lucie Debay) et Rémy (Lazare Gousseau) doivent recoucher avec tous leurs précédents partenaires sexuels. Cette prescription grotesque, annoncée à la va-vite par un docteur entre deux cours magistraux, ne verra jamais sa crédibilité remise en question : les ex, comme la famille du couple, acceptent l’information avec une candide bienveillance. À partir de ce postulat fantaisiste (aucune explication ne sera donnée par le récit), le film adopte la forme d’une suite de vignettes où chaque rencontre dévoile un autre rapport à la sexualité. L’incongruité de la requête de Sandra et de Rémy fait à peine naître un léger malaise, vite noyé dans la banalité des discussions. L’humour du film vient alors de la décontraction avec laquelle est abordée l’adultère, comme une formalité auxquels seuls des détails techniques peuvent contrevenir (la découverte de l’homosexualité chez un ancien amant de Sandra, ou bien une ex de Rémy devenue sa « sœur » après le mariage de leurs parents respectifs). Dans le sillage de leur précédent film, Une vie démente, Ann Sirot et Raphaël Balboni cultivent avant tout le plaisir de conversations paraissant en partie improvisées, qui reposent autant sur des hésitations que sur des répliques bien senties. Les dialogues visent ainsi une forme de légèreté, quitte à dédramatiser la majorité des enjeux (si Sandra réussit sans difficulté à coucher avec ses ex, Rémy essaie à peine, occasionnant de légères dissensions, toutefois vite entrecoupées de rires complices et reléguées à l’arrière-plan).

Mais derrière cette décontraction se cache une certaine tendance à forcer le trait de l’excentricité, en surjouant une bizarrerie de façade. C’est particulièrement le cas des scènes de sexe, filmées comme des clips oniriques au sein d’un espace clos fantasmé, qui substituent aux ébats des chorégraphies rappelant des jeux enfantins (une séance d’échangisme est par exemple symbolisée par une sorte de colin-maillard entre les quatre amants). Outre la répétitivité quasi systématique du dispositif, cette manière de passer par une stylisation conduit le film à sacrifier son principal atout – sa spontanéité – pour aligner une suite de visions calibrées. Sans compter que le récit retombe par endroits dans des schémas plus attendus, telle cette dispute tardive qui vient artificiellement ramener le film sur le terrain d’un drame plus balisé. Le dénouement se retrouve à l’arrivée tiraillé entre les deux ambitions des cinéastes : à la fois une insouciance joyeusement bancale qui déjoue les attentes d’une narration traditionnelle (le problème de Rémy et Sandra se voit réglé en à peine quelques minutes, presque sans faire exprès), et un éloge un peu convenu du hasard et de l’originalité (le dernier plan, appuyé, qui célèbre le bonheur d’une famille explicitement atypique).

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