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Les Chaises musicales

Les Chaises musicales

de Marie Belhomme

  • Les Chaises musicales

  • France2014
  • Réalisation : Marie Belhomme
  • Scénario : Marie Belhomme, Michel Leclerc
  • Image : Pénélope Pourriat
  • Décors : Philippe Van Herwijnen
  • Costumes : Nathalie Chesnais
  • Montage : Sébastien de Sainte Croix
  • Musique : Alexis HK
  • Producteur(s) : Emmanuel Barraux, Agnès Vallée
  • Production : 31 Juin Films
  • Interprétation : Isabelle Carré (Perrine), Carmen Maura (Lucie), Philippe Rebbot (Fabrice), Nina Meurisse (Solène), Laurent Quere (Manu)...
  • Distributeur : Bac Films
  • Date de sortie : 29 juillet 2015
  • Durée : 1h23

Les Chaises musicales

de Marie Belhomme

Trois petites notes déjà entendues


Trois petites notes déjà entendues

Pour son premier long-métrage, Marie Belhomme limite la prise de risques en mettant en scène un personnage mille fois croisé dans le cinéma français et américain depuis le succès planétaire de Bridget Jones : à savoir la trentenaire charmante mais maladroite qui rêve au prince charmant et emploie des moyens inédits pour le trouver. Déplacez l’action en Ile-et-Vilaine, confiez le rôle à la pétillante Isabelle Carré, ajoutez un soupçon de L’Amour à tout prix de Jon Turteltaub (pour la vie sentimentale par procuration) et de Parle avec elle de Pedro Almodovar (pour le goût des personnes dans le coma) et vous obtiendrez Les Chaises musicales, un film qui n’ose jamais se rendre désagréable au risque d’être un peu dépourvu de saveur et d’une vraie identité. Pourtant, force est de reconnaître qu’il y a une volonté louable de la part de sa réalisatrice de faire totalement corps avec le personnage, au point de nous rendre solidaire de ses mésaventures et petites humiliations, ce qui a l’avantage non négligeable de distiller un discours plutôt bienveillant mais sans pour autant être donneur de leçons sur l’estime de soi. Pour une fois qu’un metteur en scène ne se gargarise pas du manque de hauteur de ses personnages dans l’objectif de prendre l’ascendant sur eux, on ne peut que louer la position de Marie Belhomme de ne pas succomber aux facilités du cynisme ambiant et de préférer le charme des petits détails aux démonstrations de force. Dans le rôle principal, Isabelle Carré offre une prestation légère et plutôt enlevée, prenant un plaisir manifeste à jouer les trentenaires sur le tard pas encore tout à fait prêts à rentrer dans le monde adulte. Dans un premier temps, on serait même tenté d’y voir une timide insoumission aux règles sociales imposées aux femmes approchant la quarantaine (devient-on une femme accomplie à partir du moment où on se marie et qu’on a des enfants ?).

Recherche convention désespérément

Mais ce serait malheureusement faire grand cas de ce qui reste finalement une comédie terriblement inoffensive, loin du badinage amoureux et libertin d’un Emmanuel Mouret qui s’amuse des schémas amoureux pour mieux remettre en question les conventions. Ici, même si le scénario formule la promesse plutôt intéressante du cannibalisme d’un personnage par un autre (après avoir causé l’accident d’un homme qu’elle ne connaissait pas, l’héroïne s’empare progressivement de ce qui le caractérisait socialement, à savoir son travail, son appartement et même son fils), Les Chaises musicales trahit sa grande paresse en faisant de sa résolution une réponse littérale à l’enjeu de départ. Ici, c’est l’effort et une certaine forme d’abnégation qui sont récompensés, au risque d’annihiler progressivement les soupçons de fantaisie qui pouvaient parcourir le film dans sa première partie. Mais parce que le programme du film manque finalement d’une vraie substance cinématographique (tous les seconds rôles sont bâclés et limités à leur fonction purement utilitariste, la palme revenant à Carmen Maura, décidément peu gâtée par le cinéma français), on en vient à faire le compte des invraisemblances et des maladresses d’écriture qui placent le premier film de Marie Belhomme bien en dessous des modèles du genre. À l’image de son personnage principal, Les Chaises musicales ressemble à ces individus qui ne font aucune vague dans l’espoir d’être aimés de tout le monde et qui finissent par lasser à force de ne pouvoir exister que dans le regard bienveillant de l’autre.

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