Les Hommes ! De quoi parlent-ils ?

Les Hommes ! De quoi parlent-ils ?

de Cesc Gay

  • Les Hommes ! De quoi parlent-ils ?
  • (Una Pistola en Cada Mano)

  • Espagne2012
  • Réalisation : Cesc Gay
  • Scénario : Tomas Aragay, Cesc Gay
  • Image : Andreu Rebes
  • Son : Albert Gay
  • Montage : Frank Gutiérrez
  • Musique : Jordi Prats
  • Producteur(s) : Marta Esteban
  • Interprétation : Ricardo Darín, Javier Cámara, Luis Tosar, Eduardo Noriega, Jordi Mollá, Eduard Fernàndez, Alberto San Juan, Leonardo Sbaraglia
  • Distributeur : Zylo
  • Date de sortie : 9 juillet 2014
  • Durée : 1h35

Les Hommes ! De quoi parlent-ils ?

de Cesc Gay

Sous les braguettes des hommes


Sous les braguettes des hommes

Les Hommes ! De quoi parlent-ils ? (Una Pistola en Cada Mano pour le titre original, soit littéralement « Un pistolet dans chaque main ») est l’exemple-type du film-symptôme. La moindre ambition de mise en scène y a abdiqué au profit d’un discours sociologique caricatural sur un sujet aussi vaste que le monde : l’homme moderne. En une succession de saynètes de quinze à vingt minutes, toutes plus insipides les unes que les autres, le gratin du cinéma hispanophone (Ricardo Darín, Javier Cámara, etc.) va jouer tour à tour les maris trompés, infidèles, divorcés, frustrés ou encore impuissants pour tenter de faire la synthèse des petits tracas masculins. Mais la question du genre est ici tellement omnisciente qu’elle fige l’ensemble des personnages dans un rapport de force très artificiel qui rappelle les grandes heures de l’ouvrage Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus où la détermination du comportement, des envies et des désirs ne se fait qu’en fonction du sexe de l’individu. Le conservatisme sous-jacent qui émane d’un tel schématisme voudrait faire honneur au sexe fort dont on sous-évaluerait la sensibilité et la fragilité. Mais comme nous sommes ici dans une confrontation extrêmement binaire, il est aisé de devenir qui va endosser le mauvais rôle.

Vous les femmes

Lorsqu’elles ne sont pas réduites à un hors-champ condamnateur (l’épouse infidèle que son mari attend sur un banc, celles dont deux anciens amis viennent de divorcer et qui tentent de se relever à coups de séances chez le psy, etc.), les femmes sont ici totalement castratrices : elles refont leur vie sans se culpabiliser, parlent des problèmes d’érection de leurs compagnons à leurs amis, etc. Mais le segment qui interpelle le plus est probablement celui de cette trentenaire moderne, devenue séduisante depuis qu’elle a perdu quinze kilos, qui entend se venger d’un collègue de travail autrefois moqueur en lui suggérant d’avoir un rapide rapport sexuel dans les toilettes du bureau. On sent ici que l’exercice d’humiliation à l’attention de l’homme indélicat (mais inévitablement séduisant, ce n’est pas un hasard) se mue étrangement en un regard tendre et bienveillant : une fois la leçon de morale dispensée scolairement par l’intéressée, l’homme retrouve sa place, à peine perturbée par ce rappel à l’ordre. Finalement, peu importe ce à quoi pensent les hommes : on leur pardonne tout.

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