© Metropolitan Filmexport
Manhattan Lockdown

Manhattan Lockdown

de Brian Kirk

  • Manhattan Lockdown
  • (21 Bridges)

  • États-Unis2019
  • Réalisation : Brian Kirk
  • Scénario : Adam Mervis et Matthew Michael Carnahan
  • Image : Paul Cameron
  • Décors : Greg Berry
  • Costumes : David Robinson
  • Montage : Tim Murrell
  • Musique : Henry Jackman et Alex Belcher
  • Producteur(s) : Anthony Russo, Joe Russo, Mike Larocca, Robert Simonds, Gigi Pritzker, Chadwick Boseman et Logan Coles
  • Production : STX Entertainment, MWM et Studios AGBO
  • Interprétation : Chadwick Boseman (Andre Davis), Sienna Miller (Frankie Burns), J.K. Simmons (Captain McKenna), Stephan James (Michael), Taylor Kitsch (Ray), Keith David (Chef adjoint Spencer), Alexander Siddig (Adi), Louis Cancelmi (Bush).
  • Distributeur : Metropolitan Filmexport
  • Date de sortie : 1 janvier 2020
  • Durée : 1h41

Manhattan Lockdown

de Brian Kirk

Courte poursuite


Courte poursuite

À peine l’année nouvelle a‑t-elle débuté que s’ouvre la saison du navet, sur ce Manhattan Lockdown aberrant, intitulé aux États-Unis 21 Bridges. Vingt-et-un, c’est le nombre de ponts qui relient l’île aux autres boroughs new-yorkais et au New Jersey, tous fermés à la circulation une nuit durant pour empêcher deux tueurs de flics de prendre le large avec la recette d’un hold-up foireux. Un inspecteur à la gâchette facile est lancé à leurs trousses, avant qu’il ne comprenne qu’il est le jouet d’une conspiration policière cousue de fil blanc (et bleu, les couleurs distinctives du NYPD). Brian Kirk, réalisateur irlandais qui s’est fait la main à la télévision, aurait dû y rester : il importe sur grand écran un savoir-faire anonyme dégrossi dans nombre de productions HBO et Showtime fastueuses (Game of Thrones, The Tudors). D’où, peut-être, cette fâcheuse tendance à vouloir conjuguer New York au passé, en abusant de plans de ruelles enfumées prélevés dans un imaginaire de carton-pâte. Philadelphie, où le tournage a été déplacé, y est fardée à grands renforts de graffitis, d’escaliers de secours et de pavés suintants. Rien de cela n’explique comment un film censé se dérouler aujourd’hui peut à ce point s’empêtrer dans ses propres anachronismes : lorsque Andre Davis (Chadwick Boseman) retrouve la trace des criminels en fuite dans le Meatpacking District, ancien quartier des abattoirs devenu enclave de la vulgarité nouveau riche, c’est au beau milieu d’une chambre froide que se déroule le face-à-face, entre des carcasses qui pendouillent aux crochets. À aucun moment la mise en scène ne parvient à transmettre la fièvre obsidionale qui devrait gagner ce type de récit, chaque plan étant exécuté avec un professionnalisme borné qui prive cette série B d’accéder à sa lettre de noblesse. Il en va de même du jeu des acteurs, à commencer par celui de Boseman, à peu près aussi crédible en Harry Callahan récalcitrant que Sienna Miller en brigadière des stups démaquillée de Queens. J.K. Simmons cachetonne sans manifestement y croire, encore que ses impayables mimiques injectent un zeste de bouffonnerie à l’ensemble, qui dégage une rare antipathie : celle d’un Serpico sous anabolisants, téléguidé par un script inepte, et courant en vain après une street credibility chimérique.

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