© Bac Films
Mes jours de gloire

Mes jours de gloire

de Antoine de Bary

  • Mes jours de gloire

  • France2019
  • Réalisation : Antoine de Bary
  • Scénario : Antoine de Bary, Elias Belkeddar
  • Image : Nicolas Loir
  • Décors : Charlotte de Cadeville
  • Costumes : Élise Bouquet
  • Montage : Joëlle Hache
  • Musique : Arthur Simonini
  • Producteur(s) : Mourad Belkeddar, Nicolas Lhermitte, Charles-Marie Anthonioz, Jean Duhamel, Elias Belkeddar
  • Production : Iconoclast, Tribus P Films
  • Interprétation : Vincent Lacoste (Adrien Palatine), Emmanuelle Devos (Nathalie Palatine), Christophe Lambert (Bertrand), Noée Abita (Léa)...
  • Distributeur : Bac Films
  • Date de sortie : 26 février 2020
  • Durée : 1h39

Mes jours de gloire

de Antoine de Bary

Les vexations d'Adrien


Les vexations d'Adrien

Adrien Palatine (Vincent Lacoste), acteur dandy sur la mauvaise pente, accumule les gaffes, mais s’en sort à chaque fois, un peu par miracle, glorieusement. Sauf que son énième retour chez maman (Emmanuelle Devos), après qu’il ait encore oublié ses clés, sonne le glas de sa vie de patachon, entre fumette chez les copains et drague au commissariat. Cette fois, les doutes, les vexations et les échecs professionnels et sentimentaux porteront sa face flegmatique au bord du désespoir, sur un pont de Paris. Avant de documenter un peu paresseusement la dépression et la rémission possible de son héros velléitaire (le dernier segment dans la clinique de repos apparaît comme le moins intéressant), Antoine de Bary dresse un portrait assez amusant, à défaut d’être réellement convaincant, d’un jeune homme en crise vis-à-vis de sa masculinité. Face à la décadence de son patriarche autrefois idéal, reliquat d’une époque où la masculinité était avant tout synonyme de puissance physique et sauvage (le choix pour ce rôle de Christophe Lambert, interprète de Greystoke, n’a rien d’anodin), l’affaissement neurasthénique d’Adrien s’avère un contre-modèle assez réjouissant, le personnage se révélant au moins conscient de son état assez misérable. Le choix de Vincent Lacoste, pour lequel le rôle semble avoir été écrit, est à cet égard une évidence : la mollesse de son visage et la langueur de ses expressions en font l’interprète parfait de ce « mâle bêta » qui surjoue la vigueur à coup de pilules de viagra, ressemble à Chaplin lorsqu’il se grime en De Gaulle et s’habille en fille pour une soirée « pipe et pute ».

Accepter de se montrer tel qu’on est : voilà au fond l’horizon moral, beau et un peu naïf à la fois, que Mes jours de gloire ne pousse toutefois jamais tout à fait à son terme. De Bary préfère accumuler des vignettes rejouant une seule et même idée, celle qu’Adrien est un acteur obsessionnel de sa propre vie, un histrion qui ne cesse jamais de jouer à quelqu’un d’autre. D’emblée, son corps n’a de cesse d’être dissocié de son image : placé des deux côtés de la caméra lors de son audition (son visage est projeté sur une télévision pendant qu’il discute avec le réalisateur), on le verra à la scène suivante souffler les bougies d’un gâteau où est imprimé son visage. À la scène comme à la ville, sa vie renferme une vaste série de mensonges, qui dotent sa personnalité de mille facettes (ainsi que le rappelle l’affiche, assez laide, du film), toutes plus fausses les unes que les autres – à l’image de l’ouverture, un peu trop programmatique, où le comédien prétexte une fuite de gaz et fait intervenir un camion de pompier afin d’accéder à la fenêtre de son immeuble et récupérer ses clés qu’il avait oubliées. Peuplé de scènes qui prolongent cette association entre jeu et mensonge (certaines séquences rendent à cet égard manifeste le talent comique de Lacoste, notamment celles à la banque ou chez le pharmacien), le film lasse toutefois assez vite à ne jamais faire de cette théâtralité l’objet de sa mise en scène.

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