© Bac Films
Mexico 86

Mexico 86

de César Diaz

  • Mexico 86

  • Belgique, France2025
  • Réalisation : César Diaz
  • Scénario : Cesar Diaz
  • Image : Virginie Surdej
  • Décors : Andrea Galicia
  • Costumes : Sabrina Riccardi
  • Son : Charles de Ville
  • Montage : Alain Dessauvage
  • Musique : Rémi Boubal
  • Producteur(s) : Guillaume Dreyfus, Anne-Laure Guégan, Delphine Schmit, Géraldine Sprimont
  • Production : Need Productions, Tripode Productions, Menuetto Film, Pimienta Films
  • Interprétation : Bérénice Bejo (Maria), Fermin Martinez (Armando), Matheo Labbé (Marco), Julieta Egurrola (Eugenia), Leonardo Ortizgris (Miguel)...
  • Distributeur : Bac Films
  • Date de sortie : 23 avril 2025
  • Durée : 1h33

Mexico 86

de César Diaz

Sacrifiée


Sacrifiée

Dans son précédent film, Nuestras Madres, Caméra d’or jamais sortie en salle à cause du Covid-19, Cesar Diaz s’intéressait à la manière dont les conséquences de la guerre civile guatémaltèque hantaient un jeune homme enquêtant au présent sur feu son père, porté disparu dans les années 1980. Mexico 86 observe lui aussi les bouleversements provoqués par la dictature sur le cadre familial. Si le récit remonte cette fois le cours du temps pour s’ancrer directement à l’époque des faits, il opère un décadrage géographique en se focalisant sur le destin de Maria (Bérénice Béjo), militante exilée au Mexique, qui continue de soutenir la résistance et d’être traquée par les services secrets de son pays. Du jour au lendemain, elle doit également s’occuper de Marco, son garçon de dix ans, dont elle a été contrainte de confier la garde à sa propre mère au moment de prendre la fuite. En plus de compliquer sa clandestinité, cette nouvelle responsabilité lui attire l’hostilité de sa hiérarchie, qui craint que l’enfant ne mette en péril toute leur organisation. La présence de l’enfant se révèle être dans cette perspective une forme de prétexte alimentant la tension d’un thriller malheureusement assez convenu dans sa facture, qui table sur des silhouettes inquiétantes dans l’arrière-plan et une bande-son étouffante pour faire monter la température.

Les scènes en compagnie de Marco, loin de produire un contrepoint intime aux périls de l’espionnage, s’inscrivent plutôt dans une dynamique globale consistant à surligner l’isolement et la vulnérabilité de Maria. Boudeur et vindicatif, ce garçon, qu’elle doit défendre face à la résistance comme à la dictature, va jusqu’à compromettre sa couverture en désobéissant à ses consignes. Cette manière d’accabler unilatéralement l’héroïne afin d’alimenter la dramaturgie est d’autant plus regrettable que le personnage principal fait montre par endroits d’une certaine ambivalence. Par exemple, durant une fusillade, Maria pose sans dire un mot le canon de son pistolet contre le front de son fils, dans l’optique, on le devine, de lui épargner les souffrances qu’occasionneraient sa capture et sa torture. Sans insister, ce plan rend compte d’un paradoxe – en voulant garder Marco auprès d’elle pour le protéger, l’activiste le met en danger de mort. Mais en s’obstinant à faire de Maria une figure aussi malmenée qu’exemplaire (malgré les reproches, elle remplit toutes ses missions avec sang-froid), le film dilapide la complexité de son portrait au profit d’une simple mécanique scénaristique.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !