Nos 18 ans

Nos 18 ans

de Frédéric Berthe

  • Nos 18 ans

  • France2008
  • Réalisation : Frédéric Berthe
  • Scénario : Éric Assous
  • d'après : le film Notte Prima degli Esami
  • de : Fausto Brizzi
  • Image : Philippe Pavans de Ceccaty
  • Montage : Célia Lafitedupont
  • Producteur(s) : Marina Gefter, Édouard Weil
  • Interprétation : Théo Frilet (Lucas), Valentine Catzéflis (Clémence), Michel Blanc (Martineau), Arthur Dupont (Maxime), Julia Piaton (Sarah), Liza Manili (Alice), Bernadette Laffont (Adèle), Maruschka Detmers (la mère de Clémence)
  • Date de sortie : 16 juillet 2008
  • Durée : 1h33

Nos 18 ans

de Frédéric Berthe

Berverly Hills sur Garonne


Berverly Hills sur Garonne

Après Alive en 2004, sorte de « Star Academy » mais en film et avec Richard Anconina, Frédéric Berthe revient avec Nos 18 ans, une comédie sur des lycéens bordelais qui passent leur bac. Ils sont beaux, certains semblent riches et ne pensent qu’à ça : décrocher le précieux sésame et surtout aimer et/ou faire des galipettes sexuelles. Sans intérêt et plutôt navrant.

Le générique d’ouverture est bien fichu, des formes géométriques entre papier peint psyché et Mondrian avec « Close to me » de The Cure. Frédéric Berthe, adolescent dans les années 1980, a fait un véritable travail d’archéologue. Jugez plutôt cette remarque renversante : « À l’époque dans les voitures, on n’utilisait que des cassettes audio. D’ailleurs, dans le film, quand Lucas, Richard et Maxime vont à la plage en écoutant une chanson de La Mano Negra, on suppose qu’il s’agit d’une cassette même si on ne la voit pas. » Tout le cinéma est là : l’usage du hors-champ pour mieux susciter l’imaginaire du spectateur. Bluffant non ? Il y aura aussi des minitels, vestige du génie français, et de la musique de cette époque, plein, presque tout le temps. Frédéric Berthe aime bien la musique, alors il en met dans ses films.

Bon alors, pour être plus précis, on est à la fin des années 1980 et au début des années 1990 (pourquoi faire simple ?) et c’est le dernier jour de classe. On lance les cahiers et crie : « ouaiiiiiis, trop cool !» Lucas (Théo Frilet), candidat au bac, n’entend pas en rester là et va dire ses quatre vérités à son prof de philo vachard (Michel Blanc) sans savoir que ce dernier sera au jury de l’oral (pas de souci, Lucas y aura droit). Gros coup de bambou sur la tête : « miiiiince, quelle bourde !» Et le soir même, Lucas et sa bande s’incrustent à une soirée où il tombe amoureux de Clémence (Valentine Catzéflis), fille de vous avez devinez qui. Allons un petit effort… Au cours de la sauterie, les ficelles pour que les deux tourtereaux se retrouvent à demi nus dans un placard sont tout simplement aberrantes.
« Oh mais tu as une tache !
 — Allons voir s’il n’y a pas du K2R dans la maison.
 — Mais le champagne ne tache pas…
 — Eh bien prenons une douche alors !
 — Oups voilà quelqu’un, cachons-nous dans le dressing !»

Ambiance Hélène et les Garçons assurée, avec un penchant Beverly Hills pour la soirée piscine. Et cet étalage d’une jeunesse cool et classe a quelque chose de moche et de profondément rance. Après ça, Lucas a bien du mal à se mettre le nez dans les bouquins parce qu’il n’a ni le nom ni le numéro de téléphone de la donzelle. « Dur dur » comme disait la chanson dans les années 1980.

Nos 18 ans s’élance donc sur ce boulevard scénaristique : quand donc vont-ils se retrouver ? Que l’on en finisse serait-on tenté d’ajouter. Mais comme ça semblait un peu mince, alors on charge la mule avec des intrigues parallèles : le méchant prof de philo est un être blessé par la vie, l’intello de la classe est forcément méprisé. Sans compter les amours de la mamie super cool de Clémence (une Bernadette Laffont étrangement grimée en Line Renaud), les conneries d’ados (virée à la plage en 205 décapotable, picole, pétards, entre autres), les histoires de cul… Bref tout un bric-à-brac dont on se moque éperdument, alors que l’amitié amoureuse que Lucas et Alice développent aurait pu être une piste pour donner un peu d’épaisseur et d’intérêt à l’ensemble. Les gags tombent à plat les uns après les autres, la bouffonnerie lourdingue de Maxime (Arthur Dupont) ne suffit pas à sauver les apparences. Quant au rythme, il patine nonobstant les efforts un peu pathétiques en matière de mise en scène et de montage. On se prend alors à songer au Péril jeune de Cédric Klapisch qui avait su capter et communiquer la légèreté grave de cet âge sous les années Giscard : « Au revoir. »

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !