© Metropolitan Filmexport
Piégé

Piégé

de David Yarovesky

  • Piégé
  • (Locked)

  • États-Unis2025
  • Réalisation : David Yarovesky
  • Scénario : Michael Arlen Ross
  • d'après : 4x4
  • de : Mariano Cohn etGastón Duprat
  • Image : Michael Dallatorre
  • Décors : Grant Armstrong
  • Costumes : Autumn Steed
  • Musique : Tim Williams
  • Production : ZQ Entertainment, Raimi Productions
  • Interprétation : Bill Skarsgård (Eddie Barrish), Anthony Hopkins (William), Ashley Cartwright (Sarah)...
  • Distributeur : Metropolitan Filmexport
  • Date de sortie : 9 avril 2025
  • Durée : 1h35

Piégé

de David Yarovesky

Sans croyance


Sans croyance

On y croit pendant à peu près cinq minutes, le temps qu’il faudra au dispositif pour épuiser d’emblée ses possibilités. Eddie, un petit criminel (Bill Skarsgård) n’ayant que quelques jours pour éponger ses dettes, se retrouve pris au piège d’une élégante berline qu’il entendait détrousser : si ses portes étaient ouvertes, le véhicule devient ensuite une prison parfaitement étanche dont il est impossible de s’extraire. Petite série B, Piégé adopte pourtant la largeur du Scope pour mener à bien ses ambitions. Ce choix se justifie dans un premier temps : le format rectangulaire permet non seulement de filmer la voiture dans son entièreté (comme dans le plan-séquence où Eddie passe de l’avant à l’arrière pour trouver une sortie), de figurer conjointement l’intérieur et l’extérieur (un split screen opposant Eddie à une passante dont il essaie de se faire entendre), mais aussi de peupler intégralement le cadre de caméras de surveillance (le Scope accueille alors une grille de trois écrans sur deux, qui enregistrent sous tous les angles le jeune homme s’empêtrant telle une abeille engluée dans la mélasse).

Car Eddie est le pantin du propriétaire des lieux, William, un riche médecin (Anthony Hopkins) qui a décidé de se venger de la mort de sa fille et, plus largement, de l’humanité, en confectionnant ce coûteux traquenard. Cinq minutes, on le disait, c’est l’intervalle où le film investit formellement son concept, avant de glisser vers un dialogue entre le geôlier et son captif, sous la forme d’un sadisant jeu du chat et de la souris. À partir de là (c’est-à-dire : quasiment tout de suite), Piégé épouse les contours d’un thriller un peu daté sur fond de conflit intergénérationnel. William, c’est le « boomer » par excellence ainsi que la figure du puissant qui fait partie des « 1% » et entend rappeler sa position de supériorité, tandis qu’Eddie incarne à gros traits un lumpenprolétariat doublé d’une figure d’adulescent irresponsable, mais bien intentionné. Si le programme est très limité, il écrase surtout de ses intentions la possibilité d’un film qui exploiterait modestement le périmètre qu’il a défini. David Yarovesky ne croit hélas pas vraiment à son dispositif : de manière incessante, la caméra s’extrait de l’habitacle pour multiplier les plans de coupe illustratifs (sur les SDF et junkies peuplant les rues) ou simplement reprendre son souffle après une séquence en apnée. N’est pas William qui veut ; sa mise en scène vaut mieux que celle du film, qui ne sait rapidement plus quoi tirer de cette voiture cadenassée.

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