Stephanie Plum, vendeuse de lingerie débrouillarde et bien roulée, est parachutée chasseuse de primes. Sa cible numéro un : Joe Morelli, un flic assassin en cavale, bien roulé lui aussi, qui s’avère être un de ses amours de lycée. On retrouve dans ce schéma une énième déclinaison de la formule hollywoodienne éprouvée qui consiste à propulser dans un univers d’hommes une icône féminine, et exploiter avec gourmandise les ressorts comiques du contraste – schéma qui franchit généralement bon nombre de lignes jaunes que ce soit en terme de bon goût, de vision de la femme… Pas d’exception à la règle du côté de ce Recherche Bad Boys désespérément, assaisonné d’une petite tonalité comédie romantique où traqueuse et traqué entretiennent une complicité tout à fait sexuelle.
Il faut quand même reconnaître à l’adaptation de Julie Anne Robinson un relatif sens de la mesure, du moins en ce qui concerne son personnage principal. Même s’il n’y aucune sorte de surprise miraculeuse, son film tient modestement la route, porté par une héroïne qui fait moins usage de ses atours que de sa simple débrouillardise. Stephanie Plum n’est jamais vraiment insupportable. Elle n’est ni une cruche, ni une intello, elle est indépendante ; bref, on n’accusera pas le scénario de faire son pain blanc sur le dos d’un personnage débile. La mécanique du film, faute d’être une machine à cogner sur une héroïne écervelée, répond plus à des ficelles érotico-humoristiques. Et pourtant là aussi, une certaine mesure opère la plupart du temps, qui fait qu’on ne se vautre jamais vraiment dans une insistance grasse.
Curieusement donc, Recherche Bad Boys désespérément s’accroche sans sombrer, et reste bien plus acceptable que ce qu’on en aurait présagé – et cela grâce à sa faculté à ne pas exagérer les proportions de ses ingrédients. Finalement, il ne se rate vraiment que quand il oublie de rester dans une logique de prétexte, et commence à prendre au sérieux son scénario policier, ce qui n’arrive que très occasionnellement dans le film. Pour le moins pire.