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Sabotage

Sabotage

de Daniel Goldhaber

  • Sabotage
  • (How To Blow Up A Pipeline)

  • États-Unis2023
  • Réalisation : Daniel Goldhaber
  • Scénario : Daniel Goldhaber, Ariela Barer, Jordan Sjol
  • d'après : How to Blow up a Pipeline
  • de : Andreas Malm
  • Interprétation : Ariela Barer (Xochitl), Kristine Frøseth (Rowan), Lukas Gage (Logan), Forrest Goodluck (Michael), Sasha Lane (Theo)...
  • Distributeur : Tandem
  • Date de sortie : 26 juillet 2023
  • Durée : 1h44

Sabotage

de Daniel Goldhaber

Cas pratique


Cas pratique

Le deuxième long-métrage de Daniel Goldhaber se présente comme l’adaptation de Comment saboter un pipeline[1]Andreas Malm, Comment saboter un pipeline, traduit de l’anglais par Étienne Dobenesque, Paris, La Fabrique, 2020., un essai de stratégie écomarxiste dans lequel Andreas Malm érige la destruction d’infrastructures polluantes en outil incontournable du combat écologiste. Le film prolonge toutefois le livre plus qu’il ne le porte véritablement à l’écran : Malm ne donnait pas de conseils pratiques à qui voudrait s’en prendre à l’industrie pétrolière, mais expliquait pourquoi il devenait à ses yeux nécessaire de s’engager dans cette voie, sans s’attarder sur le « comment ». En suivant un groupe de jeunes activistes projetant de détruire un pipeline, Sabotage propose dès lors une sorte de cas pratique illustrant le discours du militant.

Le début du film, centré sur le quotidien des activistes, baigne dans une esthétique à la fois survoltée et balisée, qui évoque notamment les derniers longs-métrages des frères Safdie. L’association entre musique électronique, image saturée et caméra portée y figure à gros traits l’activité politique comme une décharge d’adrénaline. Peu inspirée, cette entrée en matière précède un récit reposant sur un choix assez convenu : l’intrigue est régulièrement interrompue par des flashbacks montrant comment chaque personnage en est venu à rejoindre le combat écologiste. En plus de casser le rythme de l’action, ce procédé mobilise des ressorts psychologiques trop simplistes, en suggérant qu’il faut avoir été directement victime de la crise écologique pour s’engager (un personnage a perdu sa mère lors d’une vague de canicule, un autre souffre d’une maladie liée à la pollution de l’air…). Témoignant d’un même souci de littéralité, des dialogues expéditifs résument les principales thèses de Malm : le « capital fossile » comme ennemi principal, la violence contre les humains comme ligne rouge à ne pas franchir… Si l’on comprend l’horizon pédagogique et vulgarisateur du projet, difficile de voir dans ses procédés inoffensifs un moyen efficace de métaboliser les affects suscités par la catastrophe écologique.

Notes

Notes
1 Andreas Malm, Comment saboter un pipeline, traduit de l’anglais par Étienne Dobenesque, Paris, La Fabrique, 2020.

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