Secrets de famille

Secrets de famille

de Niall Johnson

  • Secrets de famille
  • (Keeping Mum)

  • Grande-Bretagne2005
  • Réalisation : Niall Johnson
  • Scénario : Richard Russo, Niall Johnson
  • Image : Gavin Finney
  • Montage : Robin Sales
  • Musique : Dickon Hinchliffe
  • Producteur(s) : Julia Palau, Matthew Payne
  • Interprétation : Rowan Atkinson (Rév. Walter Goodfellow), Kristin Scott Thomas (Gloria Goodfellow), Maggie Smith (Grace Hawkins), Patrick Swayze (Lance), Emilia Fox (Rosie Jones), Liz Smith (Mrs Parker), Tamsin Egerton (Holly Goodfellow), James Booth (Mr Brown), Toby Parkes (Petey Goodfellow)
  • Date de sortie : 10 mai 2006
  • Durée : 1h42

Secrets de famille

de Niall Johnson

Grace, une amie qui vous veut du bien


Grace, une amie qui vous veut du bien

Niall Johnson réalise, avec Secrets de famille, son deuxième long métrage pour le cinéma. Le scénariste du récent La Voix des morts (Geoffrey Sax, 2003) met en scène un film hybride qui ne réussit pas à trouver sa place, entre drame décalé et comédie noire.

Dans un petit village anglais, de nos jours mais hors du temps, une famille modèle part doucement à la dérive : Walter Goodfellow (Rowan Atkinson) est monopolisé par sa fonction de pasteur, sa femme, Gloria Goodfellow (Kristin Scott Thomas), est sur le point de le tromper et ses enfants doivent assumer seuls le poids des vicissitudes de l’adolescence.

À une femme adultère, une fille nymphomane, un fils souffre-douleur et un pasteur dépassé, il ne manquait que l’arrivée d’une gouvernante compatissante aux méthodes radicales, pour remettre la famille dans le droit chemin.

Secrets de famille est un film hybride, qui vacille constamment entre sérieux et comédie, n’arrivant jamais à trouver de centre de gravité. Il travaille en permanence contre lui-même et semble vouloir alléger artificiellement, par des gags plaqués et parfois d’une consternante pauvreté (le prof de golf en string rose), un scénario qui se prêtait, au mieux, à des penchants pour l’humour noir britannique.

Cette opposition est parfaitement illustrée par Walter Goodfellow qui ne devait pas, à l’origine, être un rôle comique. Rowan Atkinson peine à se détacher du personnage burlesque qu’il s’est construit dans les années 1980. Son jeu, perdu et éberlué, apparaît tantôt comme un frein au récit (les scènes de tension avec sa femme suscitant parfois l’attente d’un gag hypothétique) tantôt comme le seul et miraculeux ressort comique de la scène.

Le film brasse des situations souvent bancales et jamais surprenantes (cliché du conflit mère et fille adolescente…), se perdant dans un pot-pourri narratif abordant à la fois la paternité, la folie, l’amour, le quotidien, le meurtre ou la religion. Ces thèmes, loin de former un tout cohérent, ne sont qu’une accumulation de saynètes insipides qui finissent, à la longue, par ennuyer. Le « retournement » final, qui ne saurait surprendre le spectateur un tant soit peu attentif, loin d’apporter une dimension nouvelle à l’histoire, ne fait que conforter le sentiment d’un remplissage scénaristique artificiel manquant cruellement de souffle et d’inspiration.

Secrets de famille, si son pari était de mélanger sujet sérieux et comédie, semble croire qu’une démarche, plaquée sur un scénario, suffit à justifier un film. La multitude de choix contradictoires traduit finalement la profonde faiblesse du film : celle de n’avoir rien à dire et, cinématographiquement, rien à proposer.

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