Shaolin Basket

Shaolin Basket

de Kevin Chu

  • Shaolin Basket
  • (Gong Fu Guan Lan)

  • Chine2008
  • Réalisation : Kevin Chu
  • Scénario : Kevin Chu, Lam Chiu-wing, Anne Wang
  • Image : Zhao Xiaoding
  • Montage : Chen Po-Wen
  • Musique : Ko Ishikawa
  • Producteur(s) : Albert Lee, Fargo Pi, Xu Pengle
  • Interprétation : Jay Chou (Shi-jie), Chen Bo-lin (Ting-wei), Baron Chen (Xiao-lan), Charlene Choi (Li-li), Eric Tsang (Chen-li)
  • Date de sortie : 20 août 2008
  • Durée : 1h40

Shaolin Basket

de Kevin Chu

La main au panier


La main au panier

Orphelin, Shi-jie a grandi dans une école de kung-fu. Il s’aperçoit par hasard que sa maîtrise des arts martiaux fait aussi de lui un fabuleux joueur de basket. Suivant les conseils d’un malfrat de seconde zone, Chen-li, il rejoint l’équipe de l’université locale afin de les aider à remporter la compétition qui les opposera bientôt aux joueurs les plus redoutables qui soient… Tout simplement mauvais !

Le basket est en passe de devenir le sport le plus populaire en Chine. Il aura fallu pour cela l’arrivée il y a une poignée d’années en NBA du géant Yao Ming. Pivot spectaculaire des Houston Rockets, celui-ci est devenu l’une des principales icônes sportives de l’Empire du Milieu. Les retranscriptions de ses matches remportent des audiences considérables et son physique tout en longueur s’affiche partout faisant la publicité de tel ou tel produit.

Surfant sur la vague, le basket chinois a connu un véritable essor. Le championnat national a été complètement modifié façon NBA. Avec franchises régionales, pom-pom girls à gogo, et usage féroce de la sono… Et les résultats sont plutôt au rendez-vous. Il y a quelques jours, aux Jeux Olympiques, l’équipe de Chine a réussi à atteindre les quarts de finale. Encore loin de leur modèle américain, mais plus du tout ridicules le ballon à la main.

Vu le contexte, il n’est guère étonnant qu’un film chinois entièrement consacré au basket arrive ainsi sur nos écrans. Forcément, la poussée marketing n’allait pas épargner le cinéma. Malins, les producteurs nationaux avaient tout intérêt à coller à l’effet mode. Avec sans doute la bénédiction d’autorités dites sportives, mais là-bas très politiques.

Une dictature aime toujours remporter des médailles. Et puis, il est tellement avantageux de voir sa jeunesse emplir les vestiaires plutôt que les rangs de la dissidence… Comme il est plus agréable de voir ses citoyens se figer en masse devant un match, de fournir les jeux à défaut de pain, plutôt que les voir consulter par millions le site de la BBC.

Bref, nous voilà donc assaillis en cet été finissant par de multiples encarts vantant les mérites de Kung Fu Basket, opportunément devenu Shaolin Basket en passant les frontières. Même si la trame des deux films est étrangement proche, celui de Kevin Chu n’a pourtant rien à voir avec le succès planétaire de Stephen Chow.

Shaolin Soccer était drôle, Shaolin Basket est juste lourd. Oubliez les poussées burlesques, bonjour les blagues de potaches. Shaolin Soccer usait des effets spéciaux comme d’un crayon magique transcendant le réel en un délire graphique et enfantin, Shaolin Basket n’en fait que des pâtés baveux et sans charme.

Shaolin Soccer reposait sur un casting de gueules cassées attachantes, Shaolin Basket tente, lui, de nous vendre un énième ersatz de Bruce Lee (Jay Chou) et une galerie de minet(te)s à franges comme personnages. Même Eric Tsang, rondouillard pétillant chez To, et qui aurait pu sauver quelque peu la baraque, préfère se réfugier dans le cabotinage de bas étage que de s’acharner à colmater les brèches de ce Titanic cinématographique.

Surtout, Shaolin Soccer éprouvait une sympathie nostalgique pour les vieux maîtres du kung-fu s’inquiétant d’un pays prêt à sacrifier ses traditions pour de l’argent, Shaolin Basket les ringardise célébrant à tout va le moderne par rapport à l’ancien dans une folle ode à la réussite individuelle.

Au bout du compte, à moins d’y voir en creux le sinistre portrait d’un pays démontrant par l’absurde que libéralisme et liberté ne vont pas obligatoirement de soi, l’ascension de ce self-made-man en short est grandement évitable.

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