Strangers : Prey at Night
Strangers : Prey at Night
    • Strangers : Prey at Night
    • (The Strangers: Prey at Night)
    • États-Unis
    •  - 
    • 2018
  • Réalisation : Johannes Roberts
  • Scénario : Bryan Bertino, Ben Ketai
  • Image : Ryan Samul
  • Décors : Freddy Waff
  • Costumes : Carla Shivener
  • Montage : Martin Brinkler
  • Musique : Adrian Johnston
  • Producteur(s) : James Harris, Wayne Marc Godfrey, Marc Lane, Robert Jones, Ryan Kavanaugh
  • Interprétation : Christina Hendricks (Cindy), Bailee Madison (Kinsey), Martin Henderson (Mike), Lewis Pullman (Luke), Emma Bellomy (Dollface), Damian Maffei (l'homme au masque), Lea Enslin (la pin-up)
  • Distributeur : Paramount Pictures France
  • Date de sortie : 18 avril 2018
  • Durée : 1h25

Strangers : Prey at Night

The Strangers: Prey at Night

réalisé par Johannes Roberts

Énième variation du slasher en milieu rural, Strangers cumule tous les poncifs contextuels (maison isolée, déroulement entièrement nocturne, famille pourchassée par des tueurs masqués) et ne semble porté que par une unique ambition : s’approprier les codes du genre et générer un espace de terreur où devront se débattre ses protagonistes. Nous suivons donc ici les mésaventures de Cindy et Mike, ainsi que de leurs enfants Luke et Kinsey, partis en camping avant l’envoi de cette dernière en pensionnat (la situation de Kinsey étant source de tensions au sein de la famille).

Manier les codes

À défaut de proposer des péripéties surprenantes et une véritable introspection du genre – à l’instar d’un Scream par exemple – Strangers a pour avantage d’être doté d’une qualité d’écriture supérieure à la moyenne, par sa propension à semer les fausses pistes narratives. Le passé apparemment douloureux de la jeune adolescente ne sert ainsi qu’à la mise en place du drame, la convergence nécessaire vers ce lieu isolé pour un ressourcement familiale (le père insistant pour que les jeunes laissent de côté leur téléphone afin de profiter ensemble).

Épuration

Sans être original, ce déploiement en suspens propose un intriguant jeu de complicité avec son spectateur, libre d’anticiper la tournure des évènements – non pas la chasse meurtrière, objet central du projet, mais une anticipation d’ordre spatiale (comment les personnages interagissent avec les éléments alentour). Cette relative liberté tient finalement à une mise en scène assez élégante : le réalisateur privilégie les plans larges silencieux et parfois vides, baignés dans des semi-pénombres brumeuses, conférant aux décors une inquiétante étrangeté bien plus menaçante que les tueurs eux-mêmes (procédé rappelant l’esthétique d’un John Carpenter, pouvant faire surgir le motif horrifique dans n’importe quel recoin du plan).

Noyant des personnages aux caractères élémentaires – notamment les méchants, des nihilistes quasi muets tuant sans raison[1]Ils s’apparentent d’ailleurs à une version essorée et simplifiée des deux dangereux garnements du Funny Games de Michael Haneke. – dans leur environnement, le film affirme ses intentions purement cinétiques : déployer un espace horrifique pur se suffisant à lui-même, où le mouvement est indispensable à la survie. L’intention se confirme à la conclusion du film, durant laquelle un espace vide suffit à générer la peur : les personnages vivent désormais dans un monde de paranoïa dont rien ne pourra les tirer.

Notes   [ + ]

1.Ils s’apparentent d’ailleurs à une version essorée et simplifiée des deux dangereux garnements du Funny Games de Michael Haneke.
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