© Universal Pictures International France
Super Mario Galaxy, le film

Super Mario Galaxy, le film

de Aaron Horvath, Michael Jelenic

  • Super Mario Galaxy, le film

  • États-Unis2026
  • Réalisation : Aaron Horvath, Michael Jelenic
  • Scénario : Matthew Fogel
  • Décors : Matthieu Gosselin
  • Montage : Eric E. Osmond
  • Musique : Bryan Tyler, Koji Kondo
  • Producteur(s) : Christopher Meledandri, Shigeru Miyamoto
  • Production : Universal Pictures, Illumination
  • Interprétation : Chris Pratt (Mario), Anya Taylor-Joy (Peach), Charlie Day (Luigi), Charlie Day (Luigi), Keegan-Michael Key (Toad), Jack Black (Bowser), Benny Safdie (Bowser Jr.), Brie Larson (Princesse Rosalina), Donald Glover (Yoshi)...
  • Distributeur : Universal Pictures International France
  • Date de sortie : 1 avril 2026
  • Durée : 1h39

Super Mario Galaxy, le film

de Aaron Horvath, Michael Jelenic

Slapstick vitrifié


Slapstick vitrifié

Super Mario Galaxy est animé par deux dynamiques irréconciliables. La première consiste à envisager l’univers du plombier moustachu comme la matrice d’un film oscillant entre l’action débridée et le slapstick – ce qui revient, en gros, à jouer une partition héritée des films de Buster Keaton à partir d’une matière tantôt ronde (les bouilles de personnages sujets à de nombreuses métamorphoses), tantôt carrée (les décors inspirés des jeux de plateforme mettant en scène Mario et ses amis). Ce pan du film, il ne faut pas complètement le balayer d’un revers de la main : Aaron Horvath et Michael Jelenic installent un certain nombre de situations présentant un potentiel scénique, qu’il s’agisse d’un espace cubique à la gravité fluctuante, faisant de chaque mur un sol que les personnages peuvent fouler, ou d’un dangereux couloir dont les chausse-trappes et pièges sont activés en direct par les antagonistes. Cette dynamique achoppe cependant sur la seconde : il ne s’agit pas seulement de prélever divers éléments de la franchise pour en tirer un film à part entière, mais d’envisager le film comme une vitrine. Le générique de fin le formule sans détour, en rejouant l’ensemble du récit sous la forme d’un petit spectacle de marionnettes. Des vignettes qui font surtout penser, par la sophistication dont elles font preuve derrière leur facture bricolée, aux tableaux animés des galeries des grands magasins à Noël.

Chaque séquence est ainsi moins travaillée par une logique cinétique que référentielle : il faut faire rentrer dedans un maximum de références, de jeux – Mario Galaxy, donc, mais aussi Yoshi’s Island, Super Mario Maker, etc. – et même d’autres licences Nintendo, telles que Pikmin ou Star Fox. C’est d’autant plus dommage que le film, plus encore que le premier (plutôt défendu dans ces colonnes), faisait de son point de départ une ode à la plasticité en opposant deux personnages, Harmony et Bowser Junior (auquel Benny Safdie, ex-enfant terrible du cinéma américain indépendant, prête sa voix), dont les pouvoirs relèvent d’une mise en abyme de l’animation elle-même. Le rejeton de la tortue maléfique est notamment doté d’un pinceau magique à partir duquel il peut donner vie à n’importe quelle créature. Très belle idée, empruntée à Mario Sunshine, mais aussi très beau symptôme, puisque l’instrument a le pouvoir de matérialiser l’imagination de celui qui l’utilise. Sera-t-on surpris que Super Mario Galaxy n’en fasse pas grand-chose ?

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