© Wilhelm Moser
The Happy Prince

The Happy Prince

de Rupert Everett

  • The Happy Prince

  • Royaume-Unis, Belgique, Italie, Allemagne2018
  • Réalisation : Rupert Everett
  • Scénario : Rupert Everett
  • Image : John Conroy
  • Décors : Brian Morris
  • Costumes : Maurizio Millenotti, Giovanni Casalnuovo
  • Montage : Nicolas Gaster
  • Musique : Gabriel Yared
  • Producteur(s) : Sébastien Delloye, Philipp Kreuzer, Jörg Schulze
  • Production : Maze Pictures, Entre Chien et Loup
  • Interprétation : Rupert Everett (Oscar Wilde), Colin Firth (Reginald Turner), Colin Morgan (Alfred Bosie Douglas), Emily Watson (Constance Wilde), Edwin Thomas (Robbie Ross), Tom Wilkinson (Dunne), Béatrice Dalle
  • Distributeur : Océan Films
  • Date de sortie : 19 décembre 2018
  • Durée : 1h46

The Happy Prince

de Rupert Everett

Le Portrait de Rupert Everett


Le Portrait de Rupert Everett

Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Everett ne s’aventure pas ici en terrain totalement inconnu car il est familier du travail d’Oscar Wilde. L’acteur a déjà joué dans des adaptations des pièces Un mari idéal et L’Importance d’être constant réalisées par Olivier Parker, et a interprété le rôle d’Oscar Wilde sur les planches dans la pièce The Judas Kiss de David Hare.
En faisant le choix de réaliser ce film sur la base de son propre scénario, ainsi qu’en s’attribuant le rôle d’Oscar Wilde, Everett a fait un pari risqué qu’il n’a malheureusement pas été capable de relever. Partant sans doute d’une volonté de rendre hommage à l’une de ses idoles, le résultat se révèle davantage être un exercice narcissique entraîné par un scénario poussif à la structure sans originalité pour le genre, qui use et abuse des flashbacks pour redynamiser en vain son récit.

Un homme comme les autres

Lors de sa dernière virée nocturne à Paris où il va finir ses jours, Oscar tombe d’une table dans un cabaret après avoir interprété « The Boy I Love Is Up in the Gallery » de Nelly Power. Depuis son lit de mort, les très nombreux flashbacks nous font découvrir les dernières années de sa vie, prenant comme point de départ sa sortie de prison. Everett nous expose alors ici rapidement ses intentions : raconter la déchéance de l’homme à travers son amour destructeur pour Bosie Douglas, et non la gloire de l’artiste. Mais lorsque l’on veut s’attaquer à une telle figure littéraire et non à un personnage fictionnel, on ne peut montrer le déclin de l’homme et s’affranchir autant du passé de l’artiste sans perdre tout l’intérêt de la démarche. Il aurait sans doute été plus judicieux pour lui rendre réellement hommage d’explorer le traumatisme lié à son humiliation publique et ses répercussions sur son inspiration artistique, qui ont en effet conduit à sa déchéance. Il n’explique ici que très peu de choses de l’intériorité du personnage et se contente d’illustrer la misère, sombrant ainsi dans le pathos, entre alcool, drogue et prostitution. De plus, les constants aller-retours dans la narration ne nous permettent pas de prendre la mesure du déclin tant physique qu’intellectuel de Wilde. La mise en scène ne semble quant à elle bâtie que sur un seul principe : Everett au centre, qu’importe le cadrage et l’angle de prise de vue. Champ-contrechamp, plongées et contre-plongées, caméra à l’épaule, tout est ici utilisé pêle-mêle sans aucune harmonie ou lien avec ce qui se déroule à l’écran.

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