Les Petites Vacances

Les Petites Vacances

de Olivier Peyon

  • Les Petites Vacances

  • France2006
  • Réalisation : Olivier Peyon
  • Scénario : Cyril Brody, Olivier Peyon, Gladys Marciano
  • Image : Alexis Kavyrchine
  • Son : Xavier Griette
  • Montage : Fabrice Rouaud
  • Musique : Jérôme Baur
  • Producteur(s) : Gérard Lacroix, Edgard Tenembaum, Gérard Pont
  • Interprétation : Bernadette Lafont (Danièle), Claude Brasseur (l'inconnu du palace), Adèle Csech (Marine), Claire Nadeau (Nicole), Éric Savin (Éric)...
  • Date de sortie DVD : 23 juin 2008
  • Durée : 1h30

Les Petites Vacances

de Olivier Peyon

Road mamie


Road mamie

Il y a de ces films bien qu’imparfaits que l’on se surprend à vouloir encourager. Les Petites Vacances ne manque pas de qualités, et c’est aussi le premier long métrage de Olivier Peyon. Il y a du bon !

C’est d’abord un scénario ambitieux, auréolé du Prix Gan du meilleur scénario au Festival de scénaristes de La Ciotat, et Lauréat du Trophée du premier scénario CNC en 2003, qui calibre cette fiction étonnante. Le sujet cocasse pourrait se résumer comme un road-movie familial retraçant l’enlèvement de deux enfants par leur grand-mère ; en pleine crise existentielle. Mais la thématique profonde se révèle être la solitude face au cours de la vie, à travers le portrait d’une femme sénior, interprétée par la dynamique Bernadette Lafont. L’ambivalence de l’humain se décline au-delà de ce personnage. Les seconds rôles ont la caractéristique d’être imprévisibles : comme un peintre, le scénariste introduit par petite touche les motifs de la déception et l’amour de l’autre, et de la nuance de soi.

Olivier Peyon sorte de funambule du récit, s’évertue à ne pas basculer du côté des films à scénario potache, ni du bord des films à thème, sans histoire, et ce, malgré la dimension cérébrale de son sujet. Car comme le démontrent les courts métrages en bonus, Olivier Peyon aime traiter des tendances et changement de la société contemporaine : le monde de l’entreprise pour Claquage après étirements et la famille recomposée dans Jingle Bells. Cette tendance à suivre l’air du temps enrichie l’histoire qui ne craint pas ses propres audaces et écarts avec le réel. Olivier Peyon sait prendre des vacances vis-à-vis des règles scénaristiques : il a une façon de s’amuser des situations décalées, qui réconcilie avec le quotidien. Ceci vaut à son travail une dimension humaniste touchante.

Malgré cela, quelque chose laisse dubitatif : un problème de rythme sans conteste que l’on doit à la mise en scène moins audacieuse. Un petit relent de téléfilm, une référence à l’Effrontée de Claude Miller, affaiblissent l’inédit du récit. Pourtant la réalisation n’est pas non plus dépourvue d’intention : on joue sur les codes des films d’horreur, mais cela reste ébauché.

Retenons que Les Petites Vacances est un film à scénario qui affirme son envie de raconter, qui utilise ou se joue des règles d’écriture, et qui considère son spectateur. Populaire, il a l’apanage d’un « film du milieu ».

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