On a coutume de dire, comme un lieu commun : « la critique est aisée, mais l’art est difficile ». On oublie souvent que c’est aussi, au même titre que l’art, un travail de passionné. Ce travail, nous l’effectuons chaque semaine en notre âme et conscience, avec toujours la même volonté de vous offrir un contenu qui soit le plus intéressant et complet possible. Pourtant, nous percevons depuis quelque temps, ici et là, des signes d’hostilité à l’égard de notre site. Notre travail est rendu plus ardu par la difficulté d’accéder à certaines projections presse, et ce malgré notre volonté d’entretenir une collaboration saine et pacifique. Loin de nous l’idée de vouloir jeter le discrédit sur toute une profession qui, par ailleurs, réalise dans sa grande majorité un travail nécessaire et inestimable pour promouvoir le cinéma, et qui nous permet de visionner les films bien en amont de leur sortie, d’établir des partenariats ou de réaliser des entretiens. Ce lien est précieux, nous en avons conscience. Nous savons également que ce n’est pas la première fois que de telles choses se produisent, et que nous ne sommes pas les seuls concernés.
Le média internet est parfois dédaigné au profit de son illustre cousin : le format papier. Dommage car il est vrai que le « web », sans chercher à se substituer à d’autres formes, se prête parfaitement à l’exercice critique. Il constitue une formidable machine à créer du débat (du « buzz » comme on aime à le dire en langage internaute), son accessibilité permettant à la parole de se propager dans toutes les strates de la société. Nous avons conscience de ce privilège, et nous aimerions pouvoir le partager sans entraves. Car notre site – faut-il le rappeler ? – est réalisé de manière entièrement bénévole, guidé par le seul amour de chaque rédacteur pour le cinéma et un désir d’intégrité sans failles. Cet espace de liberté que nous avons créé, nous entendons bien le défendre au nom de l’intérêt que vous, lecteurs et lectrices, portez à notre travail chaque semaine. Nous n’avons que faire des enjeux commerciaux, et ne sommes assujettis à aucune forme de pression financière. Savoureux paradoxe de la semaine, puisque la plus probante expression de cet engagement coïncide avec la sortie du blockbuster Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne. L’accès aux projections presse de ce film nous a été refusé sans explications, alors que d’autres sites que le nôtre ont pu y parvenir. Nous l’avons tout de même vu par nos propres moyens, et en salles s’il vous plaît. Il se trouve que, n’en déplaise à ceux qui cherchent à nous coller des étiquettes dans le dos, nous avons été sensibles à la qualité de ce film, qui ne recèle à nos yeux pas moins de valeur qu’une œuvre dite plus « fragile ». Car ce que nous voulons défendre le plus chèrement, c’est la diversité des propositions que permet le cinéma. Et ça, personne ne pourra nous empêcher d’en parler.