Accueil > Actualité ciné > Critique > Albator, corsaire de l’espace mardi 31 décembre 2013

Critique Albator, corsaire de l'espace

Le révolté, par Vincent Avenel

Albator, corsaire de l’espace

Uchû Kaizoku Captain Harlock

réalisé par Shinji Aramaki

Entre remakes et adaptations de séries télé, le business de la nostalgie bat son plein. Personnage iconique de l’enfance des quadragénaires, Albator a pris son temps pour arriver sur les écrans de cinéma. Le film, inspiré de l’univers de Leiji Matsumoto, néglige, et c’est heureux, la possibilité de titiller la fibre passéiste de son auditoire et entreprend de construire une mythologie. Le problème étant qu’on n’y comprend pas grand-chose.

Albator, corsaire de l’espace est construit comme une œuvre-univers à part entière : les icônes que sont le personnage lui-même et son vaisseau, l’Arcadia, possèdent une réelle présence à l’écran, un potentiel qui est avant tout l’œuvre de Kengo Takeuchi, et de ses ambiances sombres. Pour le reste de l’univers mis en place, le film tente de créer un monde aux ramifications multiples, aux implications politiques et militaires omniprésentes : c’est beaucoup pour un seul film, d’autant qu’Albator se perd dans les méandres d’une science-fiction mâtinée de philo new-age encombrante et confuse – un trait peut-être propre au genre au Japon, tant on peut déjà l’avoir constaté, notamment dans Final Fantasy – Les Créatures de l’esprit.

Une tendance se dégage pourtant de ce récit aux rebondissements et aux voies narratives multiples : la figure du révolté. Pour monter à bord de l’Arcadia, un seul mot de passe : « liberté ». Cette liberté s’exprime dans la révolte vis-à-vis d’une fédération hégémonique dont on ne saura jamais vraiment les crimes, en dehors de ladite hégémonie. Au fil du récit, Albator, son équipage, son jeune protégé à la loyauté fluctuante vont mener, au nom de cette liberté, une croisade inconséquente. Peu importe la logique narrative : revirements et coups de théâtres improbables sont au rendez-vous. Tout, pourvu que la silhouette sombre et fascinante du capitaine pirate reste cool.

Impressionnante machine graphique à la mécanique bien huilée, Albator, le corsaire de l’espace fait sourire par son attachement à une psychologie adolescente primaire : tout baser sur l’apparence, et la révolte contre l’ordre établi – peu importent les buts de cette révolte. Pourquoi pas ? Ce n’est nullement un gage de médiocrité. Malheureusement, il manque à cet Albator ce qui lui aurait permis de passer outre : une véritable personnalité.

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