Accueil > Actualité ciné > Critique > Baby-Sittor mardi 7 juin 2005

Critique Baby-Sittor

Un débile à la maternelle, par Fabien Reyre

Baby-Sittor

The Pacifier

réalisé par Adam Shankman

Après deux succès au box-office (les mémorables Fast & Furious et xXx) et autant de bides (les non moins mémorables Un homme à part et Les Chroniques de Riddick – qui, contrairement à ce que son titre laisse entendre, n’a rien de littéraire), l’acteur le plus monolithique d’Hollywood peine à justifier ses cachets mirobolants. Pour se sortir de ce mauvais pas, une seule option : la comédie pipi-caca, un vrai genre à elle toute seule. Le public américain raffole de ces films à l’humour scatologique dans lesquels ses héros s’autoparodient jusqu’à l’humiliation, comme s’ils trouvaient dans ces exercices d’autoflagellation une forme d’exutoire.

Pauvre Vin, qui a dû se dire que ce qui a marché pour Schwarzenegger pourrait fonctionner pour lui. Le crâne aussi luisant qu’une balle de golf, la moue éternellement boudeuse, Vin-le-terrible nous revient donc avec le bien nommé Baby-Sittor, dans lequel il joue le rôle d’un agent spécial du FBI qui, chargé de protéger des enfants, se fait passer pour une nounou. Au programme de ces réjouissances : pets, rots, canard incontinent et bons sentiments à la pelle. Rien que du bonheur. Sur l’affiche, le comédien pose au milieu de gamins brailleurs et biberons bien remplis, l’air un peu navré d’être là. On pourrait se dire qu’Hollywood est un univers impitoyable et qu’aucun être humain, même Vin Diesel, ne mérite une chose pareille, mais la bonne nouvelle pour lui, c’est que le film a rapporté plus de 100 millions de dollars au box-office américain, replaçant illico l’acteur sur la courte liste des stars « bankable » (qui rapportent des sous, en argot de producteur). La mauvaise nouvelle pour nous, c’est que l’on n’a pas fini de se fader des produits de ce genre. Espérons que, contrairement à son illustre modèle autrichien, Vin Diesel n’ait pas de velléités politiciennes...

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