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SISU — De l’Or et du Sang

SISU — De l’Or et du Sang

de Jalmari Helander

  • SISU — De l’Or et du Sang

  • Finlande, Royaume-Uni2023
  • Réalisation : Jalmari Helander
  • Scénario : Jalmari Helander
  • Image : Kjell Lagerroos
  • Décors : Otso Linnalaakso
  • Costumes : Anna Vilppunen
  • Montage : Juho Virolainen
  • Musique : Juri Seppä, Tuomas Wäinölä
  • Producteur(s) : Petri Jokiranta
  • Production : Subzero Film Entertainment, Good Chaos
  • Interprétation : Jorma Tommila (Aatami), Aksel Hennie (Bruno), Jack Doolan (Wolf), Mimosa Willamo (Aino), Onni Tommila (Schütze), Arttu Kapulainen (Rower)...
  • Distributeur : SND
  • Date de sortie : 21 juin 2023
  • Durée : 1h31

SISU — De l’Or et du Sang

de Jalmari Helander

Aura sans éclat


Aura sans éclat

À partir d’un canevas régressif (un ancien guerrier légendaire reconverti chercheur d’or décime à lui tout seul l’intégralité d’un régiment Nazi en Laponie), Sisu organise un jeu de massacre où chaque chapitre décline une nouvelle manière de s’entretuer : combat à mains nues, assassinats sous l’eau, lancer de mines, etc. Le film, qui opère une synthèse entre l’imaginaire du western et celui de la Seconde Guerre mondiale, affiche un virilisme qui pourrait aussi bien relever de la parodie que du premier degré. Plusieurs idées, comme la voix-off rocailleuse de l’introduction ou le canon d’un tank assimilé à un sexe en érection au point de littéralement pénétrer une remorque remplie de femmes prisonnières, sont amenées avec une telle grandiloquence qu’il est souvent délicat de démêler le mauvais goût de l’ironie. La fascination presque primitive du film pour son personnage principal, montagne de muscles qui n’hésite pas à s’immoler par le feu ou à verser de l’essence sur ses plaies, va de pair avec une série d’effets iconisants : musique épique, gros plans sur des poings serrés et des regards menaçants, etc. La poursuite du badass paraît constituer l’horizon principal de ce divertissement qui, sous couvert de sacrifier toute forme d’intrigue sur l’autel de la brutalité, ne conserve en réalité que les aspects les plus superficiels du cinéma d’action.

Parmi les nombreuses références que brasse Sisu, la plus évidente est peut-être John Wick, saga elle-aussi produite par Lionsgate. Jalmari Helander lui emprunte notamment sa façon de raconter les origines de son héros, « L’Immortel » (comme Wick était le « Croque-mitaine »). Mais là où le charme des John Wick tient à la longueur de ses fusillades aux chorégraphies ambitieuses, Sisu esquisse rapidement le cœur des affrontements pour mieux polir l’aura légendaire de son personnage. Passé un premier combat dont la violence graphique ne parvient pas à faire oublier un découpage brouillon, les mises à mort qui suivent se déroulent essentiellement hors champ : sous l’eau, perdues dans la fumée d’une explosion, ou alors simplement évacuées par une ellipse. La transformation du chercheur d’or en figure mythologique, assassin presque omniscient et invisible, passe ainsi par une raréfaction des face-à-face qui dépouille quelque part le film de son potentiel jubilatoire. Les meurtres se suivent mécaniquement et, hormis les quelques trouvailles de la première heure, l’ensemble finit vite par tomber dans une répétitivité paresseuse aux influences mal digérées.

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