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Vivants

Vivants

de Alix Delaporte

  • Vivants

  • France2023
  • Réalisation : Alix Delaporte
  • Scénario : Alix Delaporte, Alain Le Henry
  • Producteur(s) : Alain Attal
  • Production : Trésor Films, Artémis Productions, Proximus, VOO, BE TV
  • Interprétation : Alice Isaaz (Gabrielle), Roschdy Zem (Vincent), Pascale Arbillot (Camille)...
  • Distributeur : Pyramide Distribution
  • Date de sortie : 14 février 2024
  • Durée : 1h23

Vivants

de Alix Delaporte

Regard en ébauche


Regard en ébauche

Gabrielle (Alice Isaaz), aspirante journaliste particulièrement débrouillarde, décroche un stage dans une prestigieuse émission de reportages télévisés. On découvre à travers ses yeux la routine de l’équipe, entre tournages sous pression, discussions en interne et gestion des problèmes personnels de chacun. Adoptant une mise en scène sans effets de manche, dont la facture se rapproche de celle d’un reportage, Vivants s’attache à dresser un état des lieux de ce milieu : budgets en berne, intégrité menacée par des impératifs commerciaux, risques pris par les cameramen pour obtenir des images, etc. Cette attention aux différents rouages de l’émission apparaît également comme une limite du film, qui semble se borner à un portrait juste mais sans singularité ; par exemple, il n’interroge pas en profondeur les questions morales soulevées par ses personnages (jusqu’où aller pour décrocher une image ?). Le film s’appuie par ailleurs sur un socle plus banal lors de son troisième acte : la romance naissante entre Gabrielle et son mentor Vincent (Roschdy Zem), illustrée par des décrochages poétiques (des séquences clipesques rythmées par une musique éthérée, un numéro de danse) très convenus.

Dans le dernier plan, qui semble acter la possibilité d’une idylle, Vincent filme le visage de Gabrielle lui souriant à travers l’objectif. Ce geste prolonge une dynamique à l’œuvre dans deux séquences précédentes : tandis que la jeune femme regarde un témoignage enregistré au milieu d’une zone de guerre, un zoom fait progressivement disparaître les contours de l’écran de sorte à mettre Gabrielle face à l’homme interrogé. Il en va de même à la fin du film, lorsqu’elle tente de filmer une girafe échappée en plein Paris : si la reporter cherche avant tout à récupérer une image, le champ-contrechamp s’organise entre son regard et l’animal en excluant la caméra. Alix Delaporte esquisse alors un idéal du reportage débarrassé de ses contraintes économiques, comme un regard direct sur le monde, à même de faire naître l’empathie ou l’émerveillement. Dommage que cette piste de mise en scène reste à l’état d’ébauche.

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