Le Cheval de Saint-Nicolas

Le Cheval de Saint-Nicolas

de Mischa Kamp

  • Le Cheval de Saint-Nicolas
  • (Het Paard van Sinterklaas)

  • Belgique, Pays-Bas2005
  • Réalisation : Mischa Kamp
  • Scénario : Tamara Bos
  • Image : Lennert Hillege
  • Montage : Sander Vos
  • Musique : Johan Hoogewijs
  • Producteur(s) : Burny Bos, Michiel De Rooij, Sabine Veenendaal
  • Interprétation : Ebbie Tam (Winky Wong), Aaron Wan (M. Wong), Hanyi Han (Mme Wong), Betty Schuurman (tante Cor), Jan Decleir (oncle Siem), Mamoun Elyounoussi (Samir), Sallie Harmsen (Sofie)
  • Distributeur : Les Films du Préau
  • Date de sortie : 6 décembre 2006
  • Durée : 1h33

Le Cheval de Saint-Nicolas

de Mischa Kamp

Conte sino-hollandais


Conte sino-hollandais

Le Cheval de Saint-Nicolas est l’histoire de l’intégration d’une petite fille, Winky, dans une culture à l’opposé de la sienne : chinoise, Winky va devoir vivre en Hollande, et s’intégrer du mieux qu’elle peut en restant fière de sa culture, qu’elle pourra ensuite partager avec les habitants de sa nouvelle vie. En mettant en scène une jeune actrice têtue et attachante, Mischa Kamp conte une jolie histoire de Noël et sans prétention.

Winky, petite fille chinoise maligne et facétieuse, débarque en Hollande avec sa mère pour y rejoindre son père, qui tient un restaurant dans une petite ville près de la mer. Ici, tout est différent de la Chine : le climat, la langue, les gens, la nourriture… Mais Winky est bien décidée à s’intégrer du mieux qu’elle peut, et même mieux que ses parents. Débordante d’imagination, elle s’accroche à un nouveau personnage, totalement inconnu dans son pays d’origine : Saint-Nicolas. Passionnée par les chevaux, Winky se prend d’amitié pour la jument de ses voisins, amie de substitution pour se consoler des moqueries de ses camarades. Winky entreprend de demander en cadeau à Saint-Nicolas, rien de moins qu’un cheval.

À travers l’image de Saint-Nicolas, c’est toute l’intégration de la petite Chinoise qui est facilitée ; l’apprentissage de la langue et des chansons de Noël, l’assimilation d’une culture par les rituels symboliques autour d’un personnage qui cristallise les espoirs enfantins, le rapprochement avec les enfants du pays d’adoption.

Si le film se présente clairement comme un conte pour enfants, utilisant tous les procédés narratifs reliés au genre (obstacles à franchir, incompréhension des proches, personnage clé de l’ami qui va aider à dépasser ces barrières, dénouement heureux…), il évite la mièvrerie qui pourrait y être associée. En premier lieu par le personnage de Winky, forte tête, déterminée et aventureuse malgré son jeune âge. D’autre part, le point de vue choisi (celui de Winky), évite à la réalisatrice de placer les adultes dans des rôles prétextes : le spectateur ne les voit pas comme des figures (le moraliste, le sévère, le compréhensif…), mais avance pas à pas dans l’histoire en se fondant dans l’esprit et les sentiments de la jeune héroïne. Pouvoir s’identifier à elle, même en tant qu’adulte revivant une part de son enfance, permet de plonger dans le conte en se laissant aller au rang de spectateur naïf tournant les pages d’un livre coloré et attendrissant.

Pleine de tendresse pour Winky, la réalisatrice lui offre un décor qui sied à son envie d’intégration, un cocon dans lequel elle pourra grandir en portant ses deux cultures : une petite ville entourée de la campagne et de la mer, des voisins ouverts et attentifs, certains apportant un humour délicieux au film, des lumières féeriques de crépuscule et de Noël. Bref, on ne boudera pas notre plaisir devant l’histoire de Winky, qui n’a pas la prétention d’être autre chose qu’une belle page dans la vie d’une adorable gamine.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !