Alors que Marseille se prépare à revêtir d’ici 2013 ses parures de Capitale européenne de la culture, ses acteurs culturels tentent pour l’occasion d’organiser de nouvelles manifestations artistiques. Ces derniers feraient bien de s’inspirer du Festival International du Documentaire qui a insufflé à la ville au fil des années un véritable intérêt pour le documentaire trop souvent sclérosé par des formatages dictés par la télévision.
Ce mercredi 8 juillet s’ouvre la 20e édition du Festival International du Documentaire sous l’égide depuis 2002 du critique de cinéma et commissaire Jean-Pierre Rehm, qui a su, grâce à son approche résolument contemporaine et une programmation audacieuse, faire de ce rendez-vous annuel un événement incontournable. Les films en compétition, qui ne manqueront certainement pas de nous surprendre, viennent de pas moins de dix-huit pays. Trente sur trente-cinq sont présentés en première mondiale ou internationale. On pourra y voir les films de réalisateurs confirmés comme ceux de Tsai Ming Liang, d’Ariane Doublet – qui avait admirablement collecté la parole des ouvriers dans Ses sucriers de Coleville –, de Ghassan Salhab, d’Apichatpong Weerasethakul et de Pierre Creton ainsi que ceux d’auteurs moins reconnus. Le jury de la compétition internationale sera présidé par le cinéaste expérimental Philippe Grandrieux, tandis que la non moins talentueuse Ursula Meier, réalisatrice du beau Home présidera le jury de la compétition nationale. Six programmations parallèles thématiques feront dialoguer des classiques de l’histoire du cinéma avec des inédits. Bien plus qu’une vitrine sur la création de ce qui reste encore le parent pauvre du cinéma, le festival permet cette année l’émergence de nouveaux projets grâce à sa première édition du « Fid Lab » qui a pour vocation de mettre en relation des réalisateurs porteurs de projets avec des producteurs. Le pouls de la Cité phocéenne peut à nouveau battre au rythme des projections jusqu’au 13 juillet.