Low Cost

Low Cost

de Maurice Barthélémy

  • Low Cost

  • France2011
  • Réalisation : Maurice Barthélémy
  • Scénario : Maurice Barthélémy, Hector Cabello-Reyes
  • Image : Steeven Petitteville
  • Décors : Stéphane Rozenbaum
  • Son : Jean Gargonne
  • Montage : Emmanuel Turlet
  • Musique : Jean-Noël Yven
  • Producteur(s) : François Kraus, Denis Pineau-Valencienne
  • Production : Les Films du Kiosque
  • Interprétation : Jean-Paul Rouve (Dagobert), Judith Godrèche (Nuance), Gérard Darmon (Jean-Claude), Étienne Chicot (M. Paul), Maxime Lefrançois (Guy), Vincent Lacoste (Dimitri)
  • Distributeur : Wild Bunch Distribution
  • Date de sortie : 8 juin 2011
  • Durée : 1h29

Low Cost

de Maurice Barthélémy

Crash Test


Crash Test

Après deux laborieux passages derrière la caméra, Maurice Barthélémy récidive l’expérience dans cette comédie aux allures de vieille recette humoristique déjà prête à l’emploi. S’il tente donc de recycler quelques gags ayant auparavant fait (ou non) leurs preuves dans les archétypes français du genre, on ne peut malheureusement s’empêcher de penser, dans l’intérêt même de l’ex-Robin des Bois, que toute casquette n’est pas bonne à prendre.

On pourrait croire que l’évolution de Maurice Barthélémy dans la réalisation prend progressivement le sens d’une certaine standardisation formelle et thématique, signalant davantage la filiation du réalisateur à la recette facile des bons sentiments qu’à celle d’un auteurisme prononcé. Entre le très atypique Casablanca Driver et le mélo-mielleux Papa, l’écart semblait déjà de taille, même s’il avait pour noble intention de révéler la facette sensible (et cachée) du réalisateur. Autant dire que ce troisième film creuse un peu plus l’écart formel avec ses prédécesseurs, s’aventurant sur le genre populaire du film de « galère ». Alors qu’ils attendent désespérément depuis huit heures le décollage de leur avion et le retour de la climatisation, les passagers du (très) « low-cost » Djerba-Beauvais apprennent l’annulation de leur vol. Fermement décidés à ne pas rôtir sur place, ils vont mettre tout en œuvre pour faire décoller l’avion.

Dans la série des films « restons groupés », Low Cost semble donc faire une entrée remarquée, pas tant pour la première apparition de Lord Kossity en tant que comédien, mais bien plus pour l’extrême visibilité qu’il offre sur les ficelles scénaristiques caractérisant ce genre humoristique très français. Le fameux vol « low-cost » rassemble donc les éléments d’un supermarché de la caricature, ayant réservé l’ensemble de ses sièges à des personnages préfabriqués qui contraignent leurs interprètes à recourir à un jeu comique exagéré. Parmi les passagers, on peut donc énumérer le cadre supérieur arrogant et hypocondriaque, la babacool intoxiquée à la philosophie made in Bob Marley, ou l’hôtesse écervelée mais grande lectrice de Lacan. Un véritable étendard de stéréotypes en quelque sorte, qui rend artificielle toute véritable entreprise humoristique.

Car tout le fonctionnement comique du film est censé reposer sur des situations confrontant les personnages à leurs propres angoisses ; se retrouver aux côtés du flic pour le petit trafiquant, à deux sièges d’un nain pour l’agoraphobe névrosé… Ce genre de mises en situation condamne malheureusement le film à une forme de prévisibilité comique, qui exhibe tellement ses propres ficelles qu’elle semble à certains moments cristalliser les pires préjugés. De quoi faire de certains personnages les souffre-douleur d’un humour rendu gras et inefficace par sa propre facilité. Ces maladresses scénaristiques alourdissent donc l’esprit « bon enfant » censé régner au sein du film, et que tente d’appuyer le réalisateur en s’entourant d’une troupe de comédiens et d’amis déjà prêts à l’emploi, à commencer par Jean-Paul Rouve ou par sa propre femme Judith Godrèche. Au contraire, si le film parvient lors de très rares moments à constituer une proposition comique fonctionnelle, c’est surtout grâce à l’apparition d’acteurs débutants et prometteurs, comme le jeune Vincent Lacoste, formidable en autiste métalleux complétant honorablement la famille des Beaux Gosses de Riad Sattouf. Malgré cette allure de cour de récréation, le film n’engendre pas moins pour le spectateur l’effet d’une classe fatigante, laissée sans surveillance. Entre des gamins surexcités et ces passagers sans pilote, la différence est en effet bien mince, et l’expérience devient tout aussi éreintante pour le spectateur.

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