Pour son premier long-métrage, le Flamand Bavo Defurne hésite entre réalisme sentimental et peinture colorée d’un quotidien banal. Au centre du récit, Pim, jeune adolescent en quête de ses désirs, constituait pourtant un joli point d’équilibre. Dommage que le réalisateur n’ait pas concilié toutes ses envies de cinéma pour donner une plus grande cohérence au projet.
Des films qui parlent de la première fois, il y en a beaucoup. On ne compte plus tous ces projets bâtis sur un schéma quasi identique autour de la prise de conscience du désir. Les films gays et lesbiens, s’ils sont logiquement moins nombreux, ne font pas exception à la règle. En dépit d’une diffusion plus confidentielle, certains parviennent à dépasser le cercle de la communauté, comme par exemple le plaisant Comme un garçon de Simon Shore (1999). Pour se démarquer de ce sous-genre souvent illustratif, il n’y a pas d’autres choix que d’affuter son style, de miser sur un certain décalage tout en maîtrisant au mieux les codes queer. Nul doute que le réalisateur flamand Bavo Defurne a souhaité partir dans cette direction pour s’affranchir des pièges que lui tendait son scénario très classique : Pim, enfant puis adolescent, découvre son homosexualité dans les bras du sulfureux Zoltan, le fils de la voisine chez qui il a passé une grande partie de ses plus jeunes années. Mais le temps passant, Zoltan s’éloigne et fréquente des jeunes filles, laissant son compagnon de jeux sexuels un peu désœuvré.
Bien que central, cet enjeu affectif n’est clairement pas le point fort de Sur le chemin des dunes. Empreinte d’un certain réalisme, cette partie du film est assez banale, ne bénéficiant pas d’un traitement original dans la circonscription d’un désir naissant. Probablement conscient de cette faiblesse scénaristique, le réalisateur semble avoir voulu offrir des portes de sortie en dessinant une galerie de personnages secondaires nettement plus stylisés. La mère, au travers de ses excès comportementaux et vestimentaires, convoque toute une culture du kitsch et du mauvais goût qui contraste avec le reste. La peinture est parfois savoureuse car Bavo Defurne assume la caricature et joue avec l’irrévérence bon enfant. Seulement, cela ne suffit pas pour que le film soit suffisamment incarné. Si l’on cherche les origines de ce dysfonctionnement, on pourra certainement arguer que le réalisateur, à force d’avoir hésité entre plusieurs propositions, n’a jamais permis à sa démarche d’aboutir. En somme, le film est distrayant mais trop anecdotique pour convaincre.