Best Plans

Best Plans

de David Blair

  • Best Plans
  • (Best Laid Plans)

  • Royaume-Uni2012
  • Réalisation : David Blair
  • Scénario : Chris Green, Jeremy Sheldon
  • d'après : le roman Des souris et des hommes
  • de : John Steinbeck
  • Image : Ali Asad
  • Montage : Pia Di Ciaula
  • Musique : Robert Lane
  • Producteur(s) : Michael Knowles, Bradley Moore, Stacey Murray
  • Adewale Akinnuoye-Agbaje (Joseph), Stephen Graham (Danny), Emma Stansfield (Lisa), Maxine Peake (Isabel)...
  • Distributeur : Atypik Films
  • Date de sortie : 28 novembre 2012
  • Durée : 1h48

Best Plans

de David Blair

Planifié et convenu


Planifié et convenu

Est-ce un lointain écho du succès d’Intouchables qui a présidé, autant que Des souris et des hommes, à la création de Best Plans ? La reprise du motif Noir/Blanc-valide/invalide le laisserait penser – même si on est ici loin d’être dans la comédie. Un sujet touchant, une formule ayant fait ses preuves : serait-ce un best plan pour rameuter les foules devant les écrans ? Il faudrait, pour cela, que le sujet ne soit pas autre chose que touchant, qu’il évite le pathos dégoulinant et les facilités narratives : deux écueils majeurs dans lesquels David Blair donne, la tête la première.

Danny, c’est le Blanc : un escroc à la petite semaine. Joseph, le Noir : un colosse avec l’esprit d’un enfant, dont s’occupe Danny. Entre petites arnaques (comme le vol à l’étalage… d’une machine à laver, tout de même !) et phases tranquilles de pêches à la ligne, le duo vivote. Il se trouve même une jeune fille à secourir alors qu’on la moleste pour Joseph (ça tombe bien qu’elle soit également déficiente mentalement, dites-moi !), et une prostituée à séduire pour Danny. Seulement voilà : Danny se drogue, Danny doit de l’argent à un patron de la mafia locale – et ledit patron, dont on perçoit la méchanceté grâce au fait qu’il ne desserre presque pas les dents quand il parle, tombe un jour sur Joseph. Ni une ni deux, voilà le grand gaillard embrigadé dans les combats clandestins que mène le mafieux, et le duo aspiré dans l’Infernale Spirale des Activités Illégales…

Si le casting s’en sort plutôt bien, les acteurs restent prisonniers de personnages peu crédibles : Adewale Akinnuoye-Agbaje, dans le rôle de Joseph, est crédible en tant que géant infantile, beaucoup moins lorsqu’il s’agit de devenir instantanément une brute ultra-violente sur le ring, Stephen Graham compose un petit escroc paumé avec conviction, même si on ne croit jamais vraiment à son attachement altruiste pour Joseph, tandis qu’Emma Stansfield fait ce qu’elle peut avec son personnage de prostituée au désespoir particulièrement désinvolte. Le réalisateur David Blair semble s’être mis une idée en tête : la teneur particulièrement pathétique de son sujet est son angle, autant l’intensifier – quitte à donner dans une mise en scène particulièrement peu subtile et une narration faisant très fortement appel à la suspension consentie de l’incrédulité de son auditoire.

Du côté formel, David Blair se signale avant tout par ses (quelques) effets de montage : atone et fonctionnelle la plupart du temps, la mise en scène va vouloir exister le temps de séquences montées entrelacées, d’un manque de nuance consternant. Il faut au moins ça pour nous faire comprendre que Joseph copie en tout le comportement de Danny, qu’il voit en lui un modèle ! Tout entier concentré sur l’emphase qu’il entend mettre sur ces quelques séquences, Blair délaisse le reste du film, qui de toute façon roule tout seul, de péripétie attendue en rebondissement téléphoné.

Aussi est-on surpris par les derniers plans, qui laissent planer le doute sur une éventuelle conclusion digne de son matériau originel. Pour parvenir à ces quelques moments un tant soit peu intéressants, il faudra cependant en passer par une heure et demie terriblement convenue, qui ne rend guère justice aux efforts consentis par les acteurs pour donner vie à des personnages sans relief au service d’un conte bâclé au pathos omniprésent.

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