50/50

50/50

de Jonathan Levine

  • 50/50

  • États-Unis2010
  • Réalisation : Jonathan Levine
  • Scénario : Will Reiser
  • Image : Terry Stacey
  • Montage : Zene Baker
  • Musique : Michael Giacchino
  • Producteur(s) : Evan Goldberg, Seth Rogen, Ben Karlin
  • Interprétation : Joseph Gordon-Levitt (Adam), Seth Rogen (Seth), Anna Kendrick (Katherine), Bryce Dallas Howard (Rachael), Anjelica Huston (Diane)...
  • Date de sortie : 16 novembre 2011
  • Durée : 1h40

50/50

de Jonathan Levine

Zéro partout


Zéro partout

Un sujet dramatique à l’actualité toujours croissante – le cancer – traité de façon « décalée » et légère : les producteurs de 50/50 ont sans doute vu en cela une combinaison gagnante, apte à rafler quelques prix en festivals ainsi qu’un honnête paquet de dollars. Finalement, une telle approche ne manque pas de se retourner contre le film, qui semble confondre légèreté et superficialité, prosaïsme et vulgarité.

Si la maîtrise du contrepoint est à l’origine de maintes grandes œuvres, un emploi maladroit de cette technique est réciproquement une voie royale vers l’échec. La preuve par 50/50. Le film nous présente Adam, un homme de vingt-sept ans qui apprend qu’il est atteint d’une tumeur menaçant sa survie. L’originalité – à l’échelle d’Hollywood – consiste à ne pas en rajouter dans le drame, pour se concentrer sur les amusantes péripéties de son quotidien. A priori, tant mieux, sauf que 50/50 est de ces films fainéants qui dégagent la croyance qu’une idée suffit à faire un film – peu importe que son développement soit sot et convenu. Will Reiser a sans doute suivi d’un peu trop près son manuel pour scénaristes et livre un récit qui ressemble au devoir scolaire d’un élève médiocre, tant il se résume à une suite de passages obligés grossièrement articulés. Chaque rebondissement est si clairement introduit que le récit ne surprend jamais. La façon dont le personnage d’Adam est traité est symptomatique de ces travers : bien qu’il soit bien dessiné et que son incarnation par Joseph Gordon-Levitt révèle joliment la façon dont la maladie altère son rapport au monde, le scénariste semble plus préoccupé par la conformation aux normes de l’écriture qu’à l’étude du personnage. Il est d’autant plus triste de faire un tel constat lorsque l’on sait qu’il s’agit d’un scénario autobiographique.

Sur une base donc fragile, la mise en scène de Jonathan Levine vient encore enfoncer le film par son inconsistance. À chaque scène, le réalisateur semble placer sa caméra un peu au hasard, selon ce qui semble le plus pratique, ou comme pour copier un plan qu’il a déjà vu ailleurs. En résulte de façon globale une bande-image qui alourdit le scénario plutôt que de le rendre vivant et ne brille que par ses manques – de cohérence, de rythme, d’inventivité…

La charge de rendre le film comique repose en grande partie sur le personnage du « meilleur ami » incarné par Seth Rogen, et plus particulièrement sur sa vulgarité. 50/50 s’appuie excessivement sur l’effet de surprise produit par la crudité des propos qu’il profère. Quelques répliques font mouche, mais rapidement, c’est surtout la faiblesse de l’écriture qui interpelle. La présence récurrente de la marijuana, utilisée de façon supposément médicinale par les malades, est probablement également considérée par ses créateurs comme l’autre grand « ressort comique » du film. Autant dire que tout cela ne vole vraiment pas très haut. Le décalage entre sujet et traitement, qui était censé être la bonne idée du film, finit par se présenter plutôt comme une manœuvre opportuniste, exécutée sans la conviction, la virtuosité ou l’acidité qui eussent été nécessaires à sa réussite.

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