Aya de Yopougon

Aya de Yopougon

de Clément Oubrerie, Marguerite Abouet

  • Aya de Yopougon

  • France2013
  • Réalisation : Clément Oubrerie, Marguerite Abouet
  • Scénario : Marguerite Abouet
  • d'après : la série de bande dessinée Aya de Yopougon
  • de : Marguerite Abouet, Clément Oubrerie
  • Décors : Clément Oubrerie, Julia Weber
  • Son : Alexandre Fleurant
  • Producteur(s) : Antoine Delesvaux, Joann Sfar, Clément Oubrerie
  • Production : Autochenille Production, TF1 Droits Audiovisuels
  • Interprétation : Aïssa Maïga (Aya), Tella Kpomahou (Bintou), Jacky Ido (Ignace, Hervé, Moussa, Basile, Sidiki, Arsène), Tatiana Rojo (Adjoua), Eriq Ebouaney (Hyacinthe), Claudia Tagbo (Jeanne, Alphonsine)...
  • Distributeur : UGC Distribution
  • Date de sortie : 17 juillet 2013
  • Durée : 1h24

Aya de Yopougon

de Clément Oubrerie, Marguerite Abouet

African Flower


African Flower

Adapté de la bande dessinée éponyme par son auteur Marguerite Abouet, Aya de Yopougon pourrait se poser comme une sorte de Persépolis ivoirien, où le regard introspectif d’une petite fille devenue cinéaste projette sur ses souvenirs d’enfance une radioscopie sociale fouillée. Marguerite Abouet vogue cependant bien loin de l’acuité de Satrapi sur Téhéran, avec un film assez anecdotique, surtout préoccupé par la reconstitution d’un âge d’or festif du quartier d’Abidjan. Le tableau se déploie en amourettes passagères dans les dancings de plein air improvisés de par la ville, mais manque d’un véritable fil rouge, si ce n’est une histoire de grossesse accidentelle plutôt inintéressante.

Le film ne donne certes pas envie de le sabrer, puisqu’on ne saurait lui refuser notre relative sympathie : Aya de Yopougon est rythmé, plutôt drôle, et la recette nostalgique fonctionne. Il fait partie de ces films d’animation modestes mais rieurs et solaires. L’écriture des personnages est manifestement l’aspect le plus fignolé : un portrait de groupe plutôt soigneux qui brasse les tranches d’âge et de catégorie sociale avec un regard équitable ; pas de sévérité mal placée, ni d’idéalisation, le dosage d’humour et de tendresse traverse Abidjan et Yopougon avec une absolue fraîcheur.

Il reste qu’Aya de Yopougon fait le minimum syndical. Pauvrement animé, le film a parfois l’air d’un web-documentaire où seuls quelques motifs désignés par le son prennent vie dans un décor sans mouvement. Marguerite Abouet souffre surtout d’un problème de narration, puisque ladite Aya ne reçoit jamais les faveurs du récit alors même qu’elle concentre en elle une problématique d’extirpation sociale (issue d’un milieu populaire, elle veut devenir médecin) dont on attendait qu’elle soit l’arête dorsale du film. Délaissée, la jeune femme est réduite par sa neutralité plutôt commode à un simple reflet des autres personnages féminins, qui font valser le point de vue dans une poignée d’intrigues inabouties. Le récit perd ses repères et se met à déambuler au hasard, se disperse dans l’accessoire, et s’achève comme il a commencé : sans vraiment de substance.

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