Triangle amoureux gay, filmé sans prétention, Boy Culture relève d’une esthétique tout à fait télévisuelle – l’influence des séries, comme d’habitude dans le cinéma indépendant américain, se fait cruellement sentir. Les acteurs se mettent à nu, mais seulement au sens propre, et c’est finalement convenu mais divertissant – oui, simplement divertissant.
Le quotidien de X se résume, au moins sur le plan sexuel, à son job : il se prostitue. Mais ses deux colocataires lui mènent la vie dure… L’un, le minet, multiplie les conquêtes et le drague à tout va ; l’autre, l’éphèbe black hétéro, se convertit sous ses yeux aux garçons et le rend on ne peut plus jaloux. Par-dessus le marché, X tombe sur l’énigmatique Patrick Bauchau (le mentor de Jarod dans Le Caméléon) – qui refuse de faire l’amour avec lui tant que X n’en aura véritablement envie. Alors en lieu et place de passes, il lui raconte sa vie… et X au cœur de pierre fond peu à peu.
Q. Allan Brocka a compilé différentes nouvelles tirées d’un best-seller de Matthew Rettenmund, sans ambition autre que la bonne humeur. Il se dit que le réalisateur a baigné dans l’influence des teen-movies, qu’il avait l’intention d’en tirer une version gay avec de jolis garçons – mission accomplie.
On a retenu la très drôle scène de coming-out du milieu du film, lors de laquelle les parents d’Andrew accueillent, de façon très inattendue, le copain de leur fils d’un ouf de soulagement. Enfin ! Plus que prévenante, la maman aura même préparé le lit double et les capotes…
Pour le reste, on imagine combien le film peut brasser de clichés sur ces questions existentielles qui ô combien nous taraudent tous – le grand amour est-il possible, comment s’engager ? Bref, Boy Culture était surtout emblématique, au dernier Festival Gay et Lesbien de Paris, d’un certain courant du cinéma gay contemporain.