Carré blanc

Carré blanc

de Jean-Baptiste Leonetti

  • Carré blanc

  • France2010
  • Réalisation : Jean-Baptiste Leonetti
  • Scénario : Jean-Baptiste Leonetti
  • Image : David Nissen
  • Décors : Noëlle van Parijs
  • Montage : Alexandro Rodriguez, Éric Jacquemin
  • Musique : Evguéni Galpérine
  • Producteur(s) : Benjamin Mamou, Jean-Baptiste Leonetti
  • Interprétation : Sami Bouajila (Philippe), Julie Gayet (Marie), Jean-Pierre Andréani (Patrice)...
  • Date de sortie : 7 septembre 2011
  • Durée : 1h17

Carré blanc

de Jean-Baptiste Leonetti

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Faute d’un scénario suffisamment charnu, empêtré dans sa noirceur esthétisante, Carré blanc rejoint Dante 01 et Eden Log parmi les tentatives ratées de SF à la française.

Dans une année cinématographique, il y a peu de courts-métrages qui marquent, qui imposent le nom d’un réalisateur sur lequel il faudra compter. Le Pays des ours fut de ceux-là. Bien qu’il remonte à 2003, plusieurs de ses séquences restent en mémoire, notamment celles où un homme désabusé (Jean-Pierre Andréani) accepte de se faire frapper durant une minute contre un peu d’argent.
Passé au long, Jean-Baptiste Leonetti poursuit dans la même veine. Les premières images de Carré blanc montrent des ours polaires en train de divaguer sur la banquise. On retrouve une structure entremêlant le destin de trois personnages, à nouveau deux hommes et une femme. Et puis surtout, le propos reste similaire malgré l’allongement du format : l’homme est un loup pour l’homme.

Jean-Baptiste Leonetti sait créer une atmosphère. Carré blanc est un film oppressant, où l’on se suicide beaucoup, où on humilie avec un plaisir pervers, et où la violence physique ne demande qu’à s’extérioriser. L’image léchée passe toutes les dominantes de gris, tandis que la nuit semble avoir absorbé le jour.
Soleil vert se pose en référence (de manière lourde d’ailleurs), mais c’est surtout le fantôme de Kubrick qui est invoqué. Les scènes où en DRH propre sur lui Sami Bouajila (extraordinaire de justesse et d’implication) teste les facultés d’adaptation d’employés jugés fragiles tiennent clairement d’Orange mécanique, sans que l’imposante figure tutélaire nuise à l’étrange fascination engendrée par ces moments SM.

Cependant, avec une cinquantaine de spots publicitaires à son actif, à son passif devrait-on dire, Jean-Baptiste Leonetti paraît avoir oublié l’essentiel. Que pour faire un film, selon l’adage, il faut « premièrement une bonne histoire, deuxièmement une bonne histoire, et troisièmement une bonne histoire ». Que la maîtrise de la forme est bien vaine s’il n’y a pas un minimum de fond.
Le récit amoureux en plein État totalitaire (merci 1984 !) fait du surplace, alors qu’il est censé être le cœur du maigre scénario. Le contrepoint du gardien de parking au sourire forcé (Jean-Pierre Andréani is back) est juste indigent (mais pourquoi lui affubler cet enfant autiste ?).
Bref, la narration tourne à vide, dénonçant la banalité du mal sans donner l’envie de croire à l’humanité, et finalement par trop de froideur morbide le temps pourtant court du film (1h17) paraît une éternité.

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