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Cocotte

Cocotte

de György Pálfi

  • Cocotte
  • (Kota)

  • Grèce, Hongrie, Allemagne2025
  • Réalisation : György Pálfi
  • Scénario : György Pálfi, Zsófia Ruttkay
  • Image : Giorgos Karvelas
  • Son : Marinos Athanasopoulos, Erik Mischijew, Matthias Schwab
  • Montage : Réka Lemhényi
  • Musique : Szőke Szabolcs
  • Producteur(s) : Thanassis Karathanos, Costas Lambropoulos, Martin Hampel, Giorgos Kiriakos, Muhi András, Ferenczy Gábor
  • Production : View Master Films, Pallas Film, Twenty Twenty Vision, Focusfox et ZDF/ARTE en association avec E.R.T., The Post Republic
  • Interprétation : Eszti, Szandi, Feri, Enci, Eti, Enikő, Nóra, Anett (la poule), Ioannis Kokiasmenos (le propriétaire du restaurant), Mahmod Bamerny (Nikos), Maria Diakopanagioti (la fille du propriétaire)...
  • Distributeur : Paname Distribution
  • Date de sortie : 27 mai 2026
  • Durée : 1h36

Cocotte

de György Pálfi

La petite évasion


La petite évasion

Jugée impropre à la vente en raison de son plumage noir et promise à finir en soupe, une poule refuse son sort tout tracé et s’évade, déterminée à réinventer son destin. Le programme de Cocotte tient en une ligne, presque un gag : celui d’une poule en cavale. Sur le mode de la comédie animalière (Chicken Run, Babe…), une ville côtière grecque se transforme pour la gallinacée en une série d’épreuves où le moindre trottoir devient un rebord vertigineux et où une course-poursuite avec un renard prend les allures d’un thriller haletant. Si György Pálfi filme son improbable héroïne au ras du bitume, il opte néanmoins pour une mise en scène peu inventive, la saisissant le plus souvent d’un point de vue extérieur, dans une alternance entre plans d’ensemble et gros plans. Un parti-pris quelque peu décevant, tant un tel projet semblait appeler à une véritable immersion dans la perception d’une poule – à l’instar d’EO de Skolimowski, qui épousait le point de vue de l’âne dans des visions plastiques plus audacieuses.

Cocotte préfère faire de sa poule une sorte d’enquêtrice que la caméra suit au fil de ses déambulations hasardeuses sur le terrain d’un restaurant où elle a échoué après sa fuite. Celle-ci y découvre des cartons d’électroménager empilés, surprend les allées et venues nocturnes de camions, ou encore assiste à des échanges d’argent liquide. De ces observations fragmentaires émergent les contours d’un sombre théâtre en bord de mer. L’établissement sert en effet de toile de fond à une intrigue secondaire : Nikos, le compagnon douteux de la fille du propriétaire, y orchestre divers trafics. La mise en scène n’en livre d’abord que des indices épars, avant de dévoiler plus frontalement un sordide réseau d’immigration clandestine organisé dans les pièces inoccupées du lieu. À partir de cette révélation, la caméra se détourne de sa protagoniste à plumes, abandonnant son point de vue initial pour se mettre à hauteur d’homme. Le film se focalise dès lors sur des enjeux plus balisés autour de la vie du restaurant, structurant son récit selon un affrontement schématique : d’un côté, l’honnête propriétaire voulant réhabiliter son commerce et, de l’autre, l’escroc, profitant de la discrétion des lieux pour mener ses activités illicites. Au fond, le film ne tire pas grand-chose de la présence de l’oiseau dans cet univers vénal. Ce principe de cohabitation n’alimente in fine qu’un propos lourdement appuyé : en tant que figure candide, la poule devient l’instrument d’un discours opposant l’innocence animale à la corruption inhérente à l’humain. Si l’on pouvait ainsi espérer que Cocotte se détache d’une approche strictement anthropocentrée, cette piste se voit rapidement étouffée par une morale surplombante.

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