Modestes employés d’une boîte de pub fauchée, Yoshikawa et ses pieds nickelés de collègues découvrent un beau matin qu’ils sont piégés dans une boucle temporelle : condamnés à revivre inlassablement la même semaine, la bande de salarymen décide d’unir ses forces pour déjouer la malédiction. Se déroulant presque entièrement entre les murs de l’agence de publicité, Comme un lundi épouse moins les contours du modèle théâtral que ceux de la sitcom. Cinéphiles complotistes, fan transis de J‑Pop, patron rêvant d’une carrière de mangaka : les extravagances de chaque protagoniste font en effet virer les séquences vers un humour absurde mâtiné de parodie. Pour mener à bien leur plan (convaincre chaque membre de la hiérarchie que la malédiction s’abat sur l’entreprise), le film reprend ainsi les codes du heist movie, les talents de chacun étant mis au service d’une vaste mise en scène visant à dérober un artefact détenu par le chef de l’entreprise.
En dépit d’une construction en forme de succession de sketchs plus ou moins inspirés, le film parvient à convaincre lorsqu’il s’abandonne à une forme de nonsense presque outrancier – cf. la répétition, jusqu’à l’absurde, d’un plan où un pigeon s’écrase contre la vitre de l’entreprise. Reste que, dans la seconde moitié, il ne parvient guère à surmonter le manque d’originalité de son conte moral, où l’individualisme de Yoshikawa, employée modèle et carriériste, est battu en brèche par la force du collectif. Évoquant en cela un succédané d’Un jour sans fin (évidente référence, citée au détour d’un dialogue), Comme un lundi se leste alors d’un sujet largement rebattu (l’effacement de la vie personnelle derrière les ambitions professionnelles) que sa première partie, nettement plus allègre, avait pris soin d’éviter.