Difficile de comprendre le choix d’Universal de rebaptiser en France Cocaine Bear d’un édulcoré Crazy Bear : la drogue rend certes fou, mais si le studio craint que son ours noir poudré de blanche incite à la toxicomanie, qu’il soit ici rassuré. L’animal s’y révèle largement inoffensif, d’autant plus qu’à chacune de ses outrances succède un couplet sur l’unité familiale retrouvée. D’une simplicité radicale, ce pitch de série Z se destinait à une comédie horrifique assumant sans remords son mauvais goût plutôt qu’à cet objet bancal et faussement hirsute, soucieux de brosser tous les publics dans le sens du poil. À cette contradiction s’ajoute un acharnement à vouloir gonfler des enjeux dramatiques quasi inexistants, au lieu de s’en tenir au minuscule périmètre d’écriture que le film s’est fixé : soit une succession de carnages perpétrés par un ours rendu addict par l’ingestion d’une cargaison de coke égarée par des trafiquants débiles.
De ce patchwork de gags répétitifs grossièrement rapiécés ne se détache qu’une scène véritablement hilarante, celle de la course poursuite en ambulance, où le mammifère défoncé se montre plus véloce qu’un T‑1000 en pleine montée. Elle est flanquée d’opportunités manquées, le plus souvent par pusillanimité, sans parler de la platitude de la mise en scène, incapable de figurer efficacement les apparitions du superprédateur. C’est particulièrement vrai d’une séquence interminable et mal négociée, dans laquelle un flic perché sur le toit d’un pavillon forestier s’efforce de tenir en respect des criminels menacés au sol par leur poursuivant alléché. Décidément, après la poupée autonomisée de M3gan, le rayon jouets d’Hollywood n’a pas grand-chose à offrir par les temps qui courent, si ce n’est cette monstrueuse peluche qui, à force de se vautrer dans le second degré, finit par lasser.