Elser, un héros ordinaire
Elser, un héros ordinaire
    • Elser, un héros ordinaire
    • (Elser)
    • Allemagne
    •  - 
    • 2015
  • Réalisation : Oliver Hirschbiegel
  • Scénario : Fred Breinersdorfer, Léonie-Claire Breinersdorfer
  • Image : Judith Kaufmann
  • Décors : Thomas Stammer, Benedikt Herforth
  • Costumes : Bettina Marx
  • Son : Steffen Graubaum
  • Montage : Alexander Dittner
  • Musique : David Holmes
  • Producteur(s) : Oliver Schündler, Boris Ausserer, Fred Breinersdorfer
  • Production : Lucky Bird Pictures
  • Interprétation : Christian Friedel (Elser), Burghart Klaußner (Arthur Nebe), Katharina Schüttler (Elsa), Johann von Bülow (Heinrich Müller)...
  • Distributeur : Sophie Dulac Distribution
  • Date de sortie : 21 octobre 2015
  • Durée : 1h54

Elser, un héros ordinaire

Elser

réalisé par Oliver Hirschbiegel

S’il fallait symboliser la place d’Elser dans la filmographie d’Olivier Hirschbiegel, il serait facile d’y voir un calcul, plus commercial qu’artistique, mais tout aussi mathématique dans son approche : la multiplication de L’Expérience, son premier long métrage réalisé en 2001, par La Chute, son hit mondial de 2004. Soit l’épreuve infligée aux spectateurs d’une expérience de torture (aussi physique que mentale) sur un jeune résistant ayant manqué de peu un attentat contre Hitler en 1939. En effet, le film nous saisit alors qu’Elser, jeune menuisier communiste, est en train de mettre un point final à la bombe artisanale qu’il a concoctée. Il l’installe délicatement dans un pilier de la brasserie munichoise où le Führer a l’habitude de prononcer chaque année un discours à la date anniversaire de son putsch raté de 1923. Contrôlé à la frontière suisse alors qu’il tente de fuir le pays, Elser apprend alors que son projet a manqué son objectif puisqu’Hitler a eu la riche idée de quitter son pupitre 13 minutes plus tôt que prévu.

Hirschbiegel fera alors tanguer mécaniquement son film entre les séances de sévices sur le jeune homme et son passé dévoilé au cours d’un flash-back incessant, plus attaché à dépeindre platement la passion amoureuse du résistant qu’à nous glisser, ne serait-ce que subrepticement, dans son esprit révolté et ingénieux. Le programme est tellement attendu (vie déroulée et mort prochaine entremêlées), d’un académisme tant formel que psychologique qu’Elser aurait plus légitimement sa place sur la chaîne Histoire qu’en salles, afin d’y mener son didactisme soporifique. On ne peut qu’être étonné devant la méticulosité du cinéaste à bazarder toute complexité au profit d’effets de mise en scène (notamment sur les transitions entre les deux temporalités) pour le moins hasardeux, comme cette séquence où Elser est drogué et voit défiler sa vie réduite à un clip criard des années 1990 réalisé par le Danny Boyle de Trainspotting (couleurs fluo et grains verdâtres en prime). La préciosité affectée de la reconstitution historique achève de faire d’Elser un écrin malaisant à la mémoire de son protagoniste principal. On préférera nettement revoir, sur un sujet similaire, le Walkyrie de Bryan Singer.