Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour…

Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour…

de Pascal Thomas

  • Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour…

  • France2009
  • Réalisation : Pascal Thomas
  • Scénario : Pascal Thomas
  • Image : Renan Pollès
  • Montage : Catherine Dubeau
  • Musique : Reinhardt Wagner
  • Producteur(s) : Éric Dussart, Nathalie Lafaurie
  • Interprétation : Julien Doré (Nicolas), Marina Hands (Dorothée), Guillaume Galienne (Hubert), Laure de Clermont-Tonnerre (Caroline), Noémie Lvovsky (Mme Adélaïde), Bernard Menez (le patron du salon de coiffure)
  • Date de sortie : 7 avril 2010
  • Durée : 1h39

Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour…

de Pascal Thomas

Triste folklore


Triste folklore

Marina Hands et Julien Doré se rencontrent lors d’un festival folklorique, se perdent de vue, se retrouvent, se séparent, etc. Un tourbillon de rebondissements qui tombent à plat et de personnages secondaires auxquels on a du mal à s’attacher.

Si vous aimez d’habitude la fantaisie légère quoique parfois un peu brouillonne des films de Pascal Thomas, si vous voulez conserver cette empathie intacte, il va vous falloir passer votre chemin et ne point poser vos regards sur le complet ratage que constitue Ensemble nous allons vivre… Le film bâcle tout, ne s’arrête sur rien et nous impose ainsi son rythme poussif, qui s’alourdit de séquence en séquence. Les personnages secondaires voulus hauts en couleur, de Bernard Menez en coiffeur à Noémie Lvovski en nymphomane se succèdent en une valse déprimante et gratuite, exécutant chacun leur petit numéro avant de disparaître totalement de l’histoire. Cette idée est à l’avenant d’un film qui confond de bout en bout la fantaisie débridée avec un pittoresque de pacotille, à l’image du festival folklorique qui sert de théâtre à la rencontre des protagonistes.

Le film hésitant sans cesse entre fausse candeur et curiosités régionalistes, on est sans cesse gêné par les prestations désordonnées des deux acteurs principaux. Suffit-il d’adopter un accent du Sud pour jouer la comédie ? Visiblement non. Loin de séduire au même titre que les personnages « avec accent » d’Alain Guiraudie, les intonations forcées de Julien Doré prennent l’insupportable apparence d’un tic inutile et ridicule. Il est étonnant que Pascal Thomas se concentre sur cette idée de jeu, au vu du peu d’attention qu’il porte au mixage sonore. Entre des bruitages trop appuyés, une postsynchronisation faite à la truelle, et la propension à napper le film entier d’une petite musique sautillante (et agaçante), la bande-son s’avère d’une profonde indigence.

Dans La Dilettante, Pascal Thomas vantait avec bonheur, via le personnage tourbillonnant interprété par Catherine Frot, les bienfaits du dilettantisme, et on supposait déjà que c’était au fond de l’inconstance et l’insatiabilité du cinéaste qu’il était question. Avec Ensemble nous allons vivre…, il nous en dévoile malheureusement les travers irréparables.

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