Le nouveau Sean Penn est donc un (énième) ratage. Tout sonne faux (et surtout creux) dans ce film qui retrace la relation entre la journaliste Jennifer Vogel (Dylan Penn) et son père (Sean Penn), un gangster de pacotille. Filtre vintage accentuant le grain de la pellicule, interludes musicaux aberrants où l’on voit de jeunes blancs en rupture de ban prendre la route comme dans Into the Wild sur fond de musique folk, puis flashbacks aux contours publicitaires en vue de figurer, avec une sensibilité factice, la nostalgie de personnages insupportables… Difficile ici de situer précisément le problème du film, tant il se révèle constant dans sa médiocrité. Mais c’est parce qu’il ne craint jamais le ridicule que Flag Day en deviendrait presque savoureux, à la manière de ces nanars exquis auxquels leurs auteurs semblent croire du fond du cœur.
Croire en son délire, envers et contre tous, c’est bien ce qui définit ce père défaillant. Un personnage qui, tout en annonçant vouloir « laisser quelque chose de beau sur cette Terre », se décrit comme un « entrepreneur », là où l’ensemble de son entourage le désigne comme un mythomane mystifié par ses propres mensonges. Que l’acteur-réalisateur, largué devant comme derrière la caméra, endosse un tel rôle, prête au moins à sourire.