© Le Pacte
Flag Day

Flag Day

de Sean Penn

Flag Day

de Sean Penn

Penn perdue


Penn perdue

Ne faisons pas durer le suspense : oui, le nouveau Sean Penn est un (énième) ratage. Tout sonne faux (et surtout creux) dans ce film qui retrace la relation entre la journaliste Jennifer Vogel (Dylan Penn) et son père (Sean Penn), un gangster de pacotille. Filtre vintage accentuant le grain de la pellicule, interludes musicaux aberrants où l’on voit de jeunes blancs en rupture de ban prendre la route sur fond de musique folk, puis flashbacks aux contours publicitaires en vue de figurer, avec une sensibilité factice, la nostalgie de personnages insupportables… Difficile ici de situer précisément le problème du film, tant il se révèle constant dans sa médiocrité.

Parce qu’il ne craint jamais le ridicule, Flag Day en deviendrait presque savoureux, à la manière de ces nanars exquis auxquels leurs auteurs semblent croire du fond du cœur. Croire en son délire, envers et contre tous, c’est bien ce qui définit ce père défaillant. Un personnage qui, tout en annonçant vouloir « laisser quelque chose de beau sur cette Terre », se décrit comme un « entrepreneur », là où l’ensemble de son entourage le désigne comme un mythomane mystifié par ses propres mensonges. Que l’acteur-réalisateur, mauvais devant comme derrière la caméra, endosse un tel rôle, prête au moins à sourire.

Soutenez Critikat

Si Critikat est une revue accessible gratuitement, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement.
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !