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Iris et les hommes

Iris et les hommes

de Caroline Vignal

  • Iris et les hommes

  • France2023
  • Réalisation : Caroline Vignal
  • Scénario : Caroline Vignal, Noémie De Lapparent
  • Producteur(s) : Laetitia Galitzine, Aurélie Rouvière
  • Production : Chapka Films, La Filmerie, France 3 Cinéma
  • Interprétation : Laure Calamy (Iris), Vincent Elbaz (Stéphane), Suzanne de Baecque (Nuria)...
  • Distributeur : Diaphana Distribution
  • Date de sortie : 3 janvier 2024
  • Durée : 1h38

Iris et les hommes

de Caroline Vignal

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Iris et les hommes s’ouvre sur une promesse qui ne sera pas tenue. Au détour d’un rendez-vous chez un ostéopathe, des plans très serrés viennent comprimer les membres de Laure Calamy alors que le médecin la contorsionne dans tous les sens. L’inscription du corps de l’actrice dans le cadre vaut ici pour seule mécanique comique, si bien que la séquence semble prolonger et radicaliser le geste d’Antoinette dans les Cévennes, qui servait avant tout d’écrin à l’interprétation de Calamy. Hélas, le film délaisse rapidement cet horizon en faveur d’une comédie de mœurs beaucoup plus balisée. Iris, une mère de famille à la tête d’un cabinet dentaire, découvre les possibilités offertes par les applications de rencontre pour renouer avec sa libido. Le film s’inscrit ainsi dans un nouveau sous-genre du cinéma populaire français qui examine les conséquences de l’avènement des réseaux sociaux et d’Internet sur les relations humaines (Effacer l’historique, Selfie, Deux Mois, Celle que vous croyez…). Caroline Vignal s’avère toutefois soucieuse de ne pas tomber dans un discours technophobe en envisageant ces applis de rencontre comme un outil dont ses personnages s’emparent pour assumer librement leurs désirs.

Il n’empêche que le film reste miné par un paradoxe : si le discours porté par la narration se veut moderne, son comique repose sur des gags déjà un peu datés. Apprendre à séduire par message, se mettre en scène avec des selfies, être dérangée par les vibrations impromptues de son téléphone : le film traite ces situations très ordinaires comme si elles étaient encore drôles et étonnantes en elles-mêmes. Les scènes de rencontres souffrent du même travers ; a priori riches en imprévus et malentendus, les rendez-vous d’Iris avec ses amants provisoires sont étonnamment banals et semblent surtout destinés à faire rire un public pour qui les applis de rencontre relèvent encore d’une pratique saugrenue. D’autant que ces ressorts comiques, à la fois ringards et paresseux, s’appuient trop sur le seul talent de l’actrice. Un gag récurrent en atteste : à chaque fois qu’un homme lui envoie un message, le portable d’Iris vibre bruyamment, entraînant un plan sur le visage d’Iris, entre gêne et excitation retenue, qui s’empresse d’interrompre sa conversation ou son travail pour saisir son téléphone. Curieusement, le film table trop sur l’abattage de Calamy (sa seule présence est supposée rendre drôle une scène ordinaire) tout en alignant des séquences qui ne lui permettent pas de déployer pleinement la folie de son personnage. En somme, Iris et les hommes ne parvient pas à retrouver le bel équilibre qui donnait à Antoinette dans les Cévennes ses meilleurs moments.

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